Économie – Social

Des ex-salariés du Leclerc Drive de Bourgoin-Jallieu saisissent les prud’hommes pour harcèlement

Par Céline Loizeau, France Bleu Isère et France Bleu jeudi 10 novembre 2016 à 5:30

Le Leclerc Drive de Bourgoin-Jallieu a ouvert il y a 5 ans environ.
Le Leclerc Drive de Bourgoin-Jallieu a ouvert il y a 5 ans environ. © Radio France - Céline Loizeau

Des ex-salariés du Leclerc Drive de Bourgoin-Jallieu, en Isère, ont-ils été victimes d'harcèlement de la part du responsable du site ? Le conseil des prud'hommes devra se prononcer sur cette question dans les prochains mois.

Ce qui est sûr aujourd'hui, c'est que 12 ex-salariés viennent de saisir un avocat spécialisé en droit du travail pour les défendre au conseil de prud'hommes de Bourgoin-Jallieu contre leur ex-employeur Leclerc. Motif : ils veulent faire reconnaître le harcèlement dont ils s'estiment victimes. Ils reprochent à l'enseigne de ne pas avoir réagi alors qu'ils se sont plaints auprès de la direction du comportement de leur responsable au Drive.

Insultes et brimades : "on allait au boulot la boule au ventre"

Remarques sur le physique, jets d'articles sur certains personnels, insultes, selon quatre de ses douze ex-salariés que nous avons rencontrés, c'était régulier. Et dès qu'ils les ont dénoncés est arrivé le temps des menaces. "Ainsi une de mes collègues, qui jusqu'ici finissait à 16h pour ensuite s'occuper de ses enfants, terminait alors à 20h", explique Alexandra. Patrick, lui, revient sur ces heures qu'ils n'avaient pas le choix de refuser alors qu'il faisait déjà 60-70 heures. Jason évoque lui des jours de congés qu'il n'a pas pu prendre. Tout ça engendre un climat difficile à vivre. "On allait au boulot la boule au ventre." Pour leur avocat, Me Pierre Palix, "il y a même eu des déclarations à caractère sexuel sur certaines des salariées."

Certains salariés ont accepté de témoigner

Leclerc refuse de s'exprimer pour l'instant

Parmi ces ex-employés, certains ont été licenciés pour inaptitude ou ont fait une rupture conventionnelle de travail en raison d'une inaptitude; certains ont démissionné et d'autres ont été déclarés inaptes par la médecine du travail en raison de risques psycho-sociaux. "Le fait que la médecine du travail a prononcé six inaptitudes pratiquement de manière simultanée est l'indice que quelque chose de grave se passe", pour leur avocat.

Me Pierre Palix est l'avocat de ces ex-salariés

La direction du groupe Leclerc à Paris fait savoir que le cadre en question et le responsable du centre commercial, que nous avons cherchés à interroger, ne souhaitent pas s'exprimer tant que les actions en justice ne sont pas arrivées à leur terme.