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Hausse des prix dans les supermarchés : du beurre et des tomates bretonnes concernés

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Par , France Bleu Breizh Izel, France Bleu Armorique

Au même titre que Nutella, Coca ou Danone, de grandes marques bretonnes vont voir leur prix augmenter dès demain en grande surface. On vous explique pourquoi.

Le rayon crèmerie des supermarchés bretons pourrait connaître d'importantes hausses de prix
Le rayon crèmerie des supermarchés bretons pourrait connaître d'importantes hausses de prix © Maxppp - Jean-François Frey

C'est une des conséquences de l'application de la loi alimentation, votée à l'automne : à partir du 1er février, les prix de certains produits pourraient connaître une augmentation allant jusqu'à 10 % dans les supermarchés.

Un produit acheté 1€ revendu 1€10 minimum

Après la réglementation des promotions, et l'interdiction des opérations "1 acheté = 1 offert" au 1er janvier, le gouvernement s'attaque au seuil de revente à perte. À partir de ce vendredi, aucune enseigne ne pourra plus vendre un produit moins de 10 % plus cher que ce qu'il a coûté. Sur certains produits, en effet, la marge des distributeurs étaient extrêmement faible, voire inexistante. Il s'agit de produits d'appel, des produits de grandes marques destinés à attirer le consommateur (Nutella, Ricard, Coca, Danone etc).

Pour compenser les faibles marges sur ces produits, les grandes enseignes pratiquaient une marge importante sur d'autres : ceux de marque distributeur, et les produits agricoles. C'était une des explications de la grande distribution aux prix bas payés aux agriculteurs. Pour mettre fin à ce mécanisme, le gouvernement a décidé d'une augmentation des marges. 

Des marques bretonnes directement touchées

Mais cette hausse des prix n'aura pas que des effets sur les grandes multinationales, explique Olivier Mevel, chercheur à l'Université Loire-Bretagne : "En Bretagne vous avez des produits de grandes marques, et puis des produits qui aujourd'hui sont référencés à un niveau national, et donc ces produits vont augmenter. Alors ils n'augmenteront peut-être pas de 10 %. Mettons que vous achetiez des tomates Solarenn, Prince de Bretagne ou Savéol à 3 € la barquette, elles ne seront pas à 3€30. Parce que le distributeur risque de faire pression pour les acheter moins de 3€, essayer de les acheter à 2€70, 2,80 de façon à rapporter 10 % à ça et à limiter l'augmentation".

"Un des grands enjeux du distributeur c'est de ne pas rater leurs négociations commerciales, de façon à payer les produits moins chers que l'année dernière" - Olivier Mevel, enseignant-chercheur en marketing

La guerre des prix bas devrait donc se poursuivre cette année encore, selon le spécialiste de l'industrie agro-alimentaire.

Un chèque en blanc à la grande distribution

Les grandes enseignes joueront-elles le jeu, et paieront-elles les producteurs au juste prix ? "On fait un chèque en blanc à la grande distribution estime Olivier Mevel. Ce sont les agriculteurs qui souffrent, c'est le monde agricole qui a besoin de voir ses revenus augmenter, donc _on aurait pu augmenter les prix agricoles de 10 %_. On a choisi de responsabiliser le distributeur, mais la question c'est : est-ce que le distributeur sera suffisamment responsable pour changer son mode de fonctionnement ?"

Des consommateurs qui payent les pots cassés

Pour la CLCV, association de consommateur, c'est finalement le client qui se retrouve à payer l'augmentation. "Ça va jouer sur les ménages les plus modestes pour lesquels le budget de l'alimentation est bien plus fort que pour des ménages plus aisées, détaille Wendy Si Hassen, chargée de mission alimentation. Une augmentation de quelques centimes pour les différents produits va être répercutée bien plus fortement sur leur budget final que pour des populations plus aisées." 

Une analyse que Lydie, rencontrée à la sortie d'une grande surface, approuve : "Si les salaires suivaient, ça ne me gênerait pas de payer plus cher un produit. mais les salaires ne suivent pas actuellement. Donc j'achèterai moins. Ou alors il faut que le patron m'augmente !"

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