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Haute-Garonne : l'avenir incertain d'une maison de retraite auparavant réservée aux Anciens Combattants

Par Bénédicte Dupont, France Bleu Toulouse mardi 18 avril 2017 à 5:50 Mis à jour le mercredi 19 avril 2017 à 18:37

L'EHPAD emploie 54 personnes, elles essaient de se faire entendre depuis novembre dernier
L'EHPAD emploie 54 personnes, elles essaient de se faire entendre depuis novembre dernier - Comité de soutien

À Barbazan, dans le Comminges, les 54 salariés et 80 résidents de la maison de retraite attendent fébrilement de connaître leur repreneur. Créé au départ pour les soldats et leurs veuves, l'Ehpad devait passer dans le giron du secteur hospitalier mais ça ne se passe comme prévu.

C'est l'histoire d'une maison de retraite qui ne trouve pas de repreneur. À 110 kilomètres au sud de Toulouse, au pied des Pyrénées, l'avenir de l'Ehpad de Barbazan est incertain. L''établissement, créé en 1939 pour accueillir les anciens combattants et leurs veuves, est l'un des deux derniers Ehpad en France à être encore géré par l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, avec le Château de Beaureceuil, près d'Aix-en-Provence. Le Ministère de la Défense a transféré les six autres à des opérateurs publics de santé ou médico-sociaux. Depuis 2004, ces Ehpad-là sont ouverts à tous. Celui de Barbazan accueille 80 résidents, de toutes origines.

REPORTAGE EN UN CLIC - Bénédicte Dupont, il s'agit là d'un dossier qui traîne en longueur... (1'09'')

Les agents de la maison de retraite craignent surtout que l'Ehpad bascule dans le giron privé et perde ses avantages sociaux pour les résidents. - Aucun(e)
Les agents de la maison de retraite craignent surtout que l'Ehpad bascule dans le giron privé et perde ses avantages sociaux pour les résidents. - Comité de soutien

Les aînés du village n'osent plus s'y inscrire, de peur qu'il ferme

Dans le Comminges, tout le monde connaît "la maison de retraite de Barbazan". D'abord parce qu'il s'agit d'une belle bâtisse, un ancien hôtel thermal entouré d'un parc de deux hectares. Ensuite, parce que contrairement à ce qu'on pourrait imaginé en la voyant, les tarifs, ont toujours été accessibles, la maison étant habilitée à l'aide sociale.

On veut que l'Ehpad reste un service public, pour que tout le monde puisse y rentrer, quelque soient ses ressources. — Mélanie Carrère, aide-soignante, déléguée CGT

La maison de retraite aurait dû être transférée au secteur hospitalier avant le 31 décembre 2016. Mais à la fin de l'année dernière, aucun repreneur ne s'était avancé, notamment parce que le cahier des charges de l'ONAC est très exigeant. L'échéance a donc été repoussée à la fin 2017. Depuis, c'est encore plus flou. Dernièrement, une association se serait portée candidate, d'après nos informations. L'ONAC, seul décisionnaire, devait rendre ses conclusions avant le 31 mars 2017, notamment auprès du Conseil Départemental de Haute-Garonne et de l'Agence Régionale de Santé. Il ne l'a pas encore fait.

En réponse à nos questions, l'ONAC déclare que "la recherche d'une solution de transfert à un opérateur public du secteur médico-social est toujours en cours, la situation concernant l'EHPAD de Barbazan étant complexe localement." L'ONAC dément un transfert à une association, le ministre des anciens combattants ayant exprimé clairement son opposition à ce scénario.

M. Stradère, la maire du village "Il n'y a plus de liste d'attente à la maison de retraite"

Certaines familles ne mettent pas leurs parents de peur de voir la maison de retraite fermer, à tort d'ailleurs. Il y aune telle publicité négative qu'ils appréhendent de venir, il n'y a plus de liste d'attente. — Michelle Stradère, maire de Barbazan

La maire du village de 440 habitants, s'étonne que le dossier du transfert, ouvert depuis trois ou quatre ans, n'aboutisse pas : "Il s'est construit une maison de retraite à côté de chez nous, à Antichan-de-Frontignes, il y a deux ans. Pourquoi pas, mais c'est un peu incompréhensible, sachant qu'il y en a un à reprendre...". Michelle Stradère a elle aussi eu l'écho par les services de l'Etat qu'une solution aurait été trouvée, mais le nom du repreneur potentiel ne lui a pas été communiqué.

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