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Économie – Social

Haute-Garonne : les salariés de la cimenterie Lafarge en grève depuis mardi

jeudi 1 mars 2018 à 19:08 Par Bénédicte Dupont, France Bleu Occitanie

Depuis mardi, la majorité des sites du cimentier Lafarge sont bloqués, dont celui de Martres-Tolosane, à 60 kilomètres au sud de Toulouse. La hausse des salaires proposée par la direction ne satisfait pas les syndicats, qui veulent désormais goûter au pain blanc après plusieurs années d'efforts.

L'usine de Martres emploie 113 personnes, sur les 1.200 de Lafarge Ciments.
L'usine de Martres emploie 113 personnes, sur les 1.200 de Lafarge Ciments. © Radio France - Bénédicte Dupont

Martres-Tolosane, France

Chez Lafarge, il n'existe pas de réelle "culture" de la grève. Il y a bien eu un mouvement pour les 35 heures en 1999, mais depuis, les syndicats sont restés discrets, et patients. Jusqu'à cette année. Les négociations annuelles obligatoires (NAO) ont échoué la semaine dernière. La CGT et Force Ouvrière qui tiennent 90% des usines du groupe ont lancé un mouvement de grève mardi 27 février.  Fours arrêtés, camions interdits d'entrée et de sortie, seuls les sous-traitants liés à la sécurité sont autorisés. Après une première proposition de la direction ce jeudi après-midi, le mouvement s'apprête à entamer son quatrième jour. Lafarge Ciments emploie 1.200 personnes, dont environ 110 en Haute-Garonne.

Les syndicats affirment que le taux de gréviste avoisine les 70% sur 9 sites Lafarge sur 10. - Radio France
Les syndicats affirment que le taux de gréviste avoisine les 70% sur 9 sites Lafarge sur 10. © Radio France - Bénédicte Dupont

Selon les syndicats, neuf usines sur dix ont répondu présentes et sont bloquées mouvement national qui toucherait 9 de ses 10 sites, sept selon la direction : Martres-Tolosane (Haute-Garonne), Port-la-Nouvelle (Aude), Sète, la Malle près de Marseille, Contes (Alpes Martitimes), Val d'Azergues (Rhône), le Teil (Ardèche), Angoulême, et le Havre. Seule l'usine de Saint-Pierre-la-Cour (Mayenne) ne participe pas, le syndicat majoritaire étant la CFDT.

Le marché du ciment repart

REPORTAGE de Bénédicte Dupont à l'usine Lafarge de Martres-Tolosane (1'18'')

Après des années ternes entre 2007 et 2016, le BTP repart à la hausse entraînant avec lui le marché du ciment. L'été dernier, le groupe Lafarge (Lafarge-Holcim depuis sa fusion avec le Suisse Holcim) annonce qu'il va injecter 110 millions d'euros pour un nouveau four à Martres-Tolosane, investissement record.  La semaine dernière, lors des négociations annuelles obligatoires (NAO), la direction propose une enveloppe globale de 2% d’augmentation. Refus des deux syndicats majoritaires qui exigent une prime de 1.000 euros, sur-enchérie de 250 euros chaque jour de grève, donc 1.750 euros ce vendredi, et lancent le mouvement.  

Ces cinq dernières années, nous avons accepté les plans sociaux, les restructurations sans broncher. Maintenant que cela va mieux, Lafarge doit nous récompenser à la juste valeur de ces cinq années de labeur. — Johan Guet, délégué central FO

À Martres, environ 45 salariés sont grévistes, sur les 113, avec une partie des effectifs en vacances.  - Radio France
À Martres, environ 45 salariés sont grévistes, sur les 113, avec une partie des effectifs en vacances. © Radio France - Bénédicte Dupont

L'investissement des salariés justement récompensé ?

Jeudi après-midi, la direction a contacté pour la première fois les délégués, avec une proposition. Celle de reprendre le travail ce vendredi, et de venir négocier directement à Paris lundi. Proposition déclinée par les syndicats qui maintiennent le mouvement. "Ils veulent casser le mouvement, ça n'est pas une proposition honnête", commente Johan Guet.

Sept sites industriels sont toujours en grève à ce jour mais nous poursuivons un dialogue constant avec les représentants du personnel et les salariés. Nous mettons tout en œuvre pour que les livraisons de nos clients soient assurées. — communiqué jeudi après-midi de la direction de Lafarge Holcim France  

L'usine de Martres-Tolosane, construite en 1956, produit du ciment issu de calcaire, environ 2.500 tonnes par jour, achetés ensuite par d'autres gros industriels comme Point-P ou Vinci. "Les augmentations proposées (2%) sont maigres par rapport aux résultats de la société : le chiffre d'affaires a augmenté de 3.5%, le résultat a augmenté 11.6 millions d'euros, la marge opérationnelle pour Lafarge Ciments est de 27%. Allez trouver des industries avec de telles marges en France ! s'exclame Sylvain Moreno, délégué central CGT. 

Sylvain MORENO (CGT) "La direction perd plus d'argent en laissant traîner cette grève plutôt qu'en accédant à notre demande"

Faîtes le calcul : 2.500 tonnes par jour, vendues 100 euros la tonne. Cela fait en quatre jours au moins un million de perte sèche pour Lafarge, rien qu'à Martres. Si ils nous avaient octroyé la prime dès mardi, cela leur aurait coûté 1,2 millions d'euros en tout pour tout— Sylvain Moreno, délégué central CGT

La cimenterie Lafarge de Martres-Tolosane existe depuis 1956. - Radio France
La cimenterie Lafarge de Martres-Tolosane existe depuis 1956. © Radio France - Bénédicte Dupont