Économie – Social DOSSIER : Alstom Transport à Belfort : encore un avenir ?

Henri Poupart-Lafarge (PDG d'Alstom) : "Pas d'issue structurelle" pour le site de Belfort

Par Hajera Mohammad et Nicolas Wilhelm, France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Besançon et France Bleu mercredi 28 septembre 2016 à 9:02

Henri Poupart-Lafarge, le PDG d'Alstom
Henri Poupart-Lafarge, le PDG d'Alstom © Radio France -

Le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, était auditionné mardi par la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale. Il s'est expliqué sur le projet de transfert de la production des trains du site de Belfort vers Reichshoffen en Alsace d'ici 2018.

Sur les 480 employés belfortains, 400 sont concernés par ce projet de transfert, justifié par le constructeur ferroviaire par la baisse des commandes passées au site de production historique. Henri Poupart-Lafarge s'est exprimé pour la première fois publiquement, mardi 27 septembre, devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale. Le président du groupe s'est défendu et dit attendre les propositions du gouvernement qui doivent être dévoilées la semaine prochaine.

Aucun "machiavélisme" ni "chantage" - Henri Poupart-Lafarge, PDG d'Alstom

"Je ne sais pas aujourd'hui quelle sera la nature du plan qui sera mis en oeuvre par le gouvernement... Alstom reste ouvert à tout type de propositions favorables au site de Belfort" , affirme Henri Pourpart-Lafarge, en ajoutant que son groupe ne voit toujours pas "d'issue structurelle" pour le site. Avant, Belfort faisait "140 locomotives par an. Aujourd'hui, seulement une vingtaine" précise-t-il. Le député-maire UDI de Valdoie, Michel Zumkeller a interpellé le numéro un du groupe ferroviaire : "Comment on fait pour combler le trou, la baisse des commandes, jusqu’à l’arrivée du TGV du futur ? " Là encore, Henri Poupart-Lafarge reste prudent : "Ce projet du TGV du futur ne rentrera en production qu'en 2021 au mieux."

Henri Poupart-Lafarge, PDG d'Alstom : "Nous ne voyons pas d'issue structurelle pour le site de Belfort"

Accusé d'avoir intentionnellement décidé la fin de production à Belfort afin de mettre la pression sur le gouvernement et la SNCF pour obtenir des commandes, le PDG s'est défendu de tout "machiavélisme" et de "chantage" à l'emploi. "J'ai trop conscience de la difficulté du transport ferroviaire en France pour aller forcer des commandes de trains qui iraient rouiller dans les placards" , explique-t-il.

Mercredi prochain, ce sera au tour du secrétaire d'État à l'Industrie, Christophe Sirugue, d'être auditionné devant cette commission.

À LIRE AUSSI : Les salariés d'Alstom de Belfort manifestent devant le siège de l'entreprise en région parisienne