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Dossier : Coronavirus Covid-19

INVITE - Lycées, transports en Normandie... Hervé Morin réagit au plan de déconfinement

Le président de la région Normandie Hervé Morin était l'invité de France Bleu Normandie - Cotentin ce mercredi 29 avril suite aux annonces du Premier ministre sur le déconfinement.

Hervé Morin, président du conseil régional de Normandie réagit aux annonces du gouvernement sur le déconfinement ce mercredi 29 avril.
Hervé Morin, président du conseil régional de Normandie réagit aux annonces du gouvernement sur le déconfinement ce mercredi 29 avril. © Radio France - Jean-Christophe Bourdillat

Le Premier ministre a annoncé mardi 28 avril un premier cadre du déconfinement en France, à partir du 11 mai. Reprise de l'école, réouverture des commerces... Pour réagir à ce plan de bataille et répondre aux questions des auditeurs, Hervé Morin, président de la région Normandie, était l'invité de France Bleu Normandie - Cotentin ce mercredi. 

Hervé Morin, êtes-vous satisfait des annonces du Premier ministre, mardi, à l'Assemblée nationale ?

Disons qu'il y a une série de précisions utiles, mais il y a encore beaucoup d'interrogations. On a un premier point d'étape le 7 mai, puisque le Premier ministre dit que l'on verra le 7 mai si on déconfine bien le 11. Il y a ensuite un nouveau point en juin. 

J'ai beaucoup défendu la différenciation territoriale la semaine dernière. On a une différenciation territoriale par des départements qui sont soit rouges soit vert : en clair les "mauvais élèves" déconfineront moins vite que les autres. J'aurais préféré un système inverse : une différenciation positive. Dans les départements où le virus a peu circulé et aujourd'hui circule très peu, déconfinons plus vite. 

Je continue à penser que pour le secteur du tourisme, de l'hôtellerie et de la restauration, on aurait pu rouvrir plus tôt dans certains départements. Le secteur est dans une situation absolument catastrophique et on va faire des arrêts qui pourraient être mortels pour beaucoup d'entreprises.

Les préfets et les élus locaux vont être consultés à partir d'aujourd'hui. Vous allez y participer, en tant que président de la région ?

Je suis en conversation quasi tous les jours avec le préfet de région et des membres du gouvernement. Pour nous, on a deux équations à résoudre dans les prochaines semaines : la question du transport et celle des lycées. 

Sur les transports, j'avais déjà décidé de rendre les masques obligatoires dans les transports qui dépendent de la région : les trains et les bus. Après, il y a beaucoup de questions avec la SNCF : faut-il pratiquer un contrôle systématique du billet et du masque à l'entrée des quais ? Il va aussi falloir modifier les horaires, puisque dès lors qu'il faut nettoyer chaque rame, elle ne peut pas repartir aussi vite qu'avant.

Sur les bus et la question du transport scolaire. Il va falloir réduire largement les capacités de chaque bus : globalement avoir un siège sur deux inoccupé. Il faut aussi assurer la protection des chauffeurs. On voit bien qu'on est incapable d'assurer un transport scolaire qui organiserait une scolarité demi-journée par demi-journée : on n'a ni les bus ni les chauffeurs

Les lycées ne rouvriront sans doute pas, ce sont les élèves de maternelle et d'élémentaire qui reprendront d'abord le 11 mai, les 6e et 5e le 18. Faut-il reprendre les cours ? 

Je m'étais prononcé très clairement sur l'idée qu'il fallait renoncer à la fin de l'année scolaire. C'est vrai qu'il y a une souffrance pour un certain nombre d'élèves déscolarisés, mais dès lors que vous supprimez le caractère obligatoire de l'école, j'imagine mal que ce sont les enfants qui en ont le plus besoin qui reprendront le cours de l'école.

Deuxièmement, on voit qu'on est sur un nombre de jours effectifs d'école dérisoire. J'ai fait les comptes puisque ce sont des demi-classes. Dans le meilleur des cas, il y a douze jours effectifs d'école par enfant. Pour les collèges et les lycées, on est autour de huit jours.

Etait-il vraiment nécessaire de s'obstiner à rouvrir des classes quand on sait que c'est un facteur de contamination et de relance de l'épidémie ?

La "ligne de crête", comme le dit le Premier ministre, c'est de faire en sorte que l'économie puisse repartir tout en évitant la relance de l'épidémie. Est-ce qu'il était vraiment nécessaire de s'obstiner à rouvrir des classes quand on sait que c'est un facteur de contamination et de relance de l'épidémie ? Il valait mieux faire l'impasse, comme l'ont fait les Espagnols et les Italiens. 

Si les lycées doivent rouvrir, est-ce que vous êtes prêts ?

Comme on a eu le fiasco des masques pour le personnel de santé, j'avais déjà donné des consignes aux services pour acheter des masques. On était partis sur deux masques en tissu par lycéen et des masques jetables. J'étais en train d'essayer d'acheter des thermomètres et bien sûr du gel hydroalcoolique. Je pense qu'on sera obligés d'ouvrir les lycées professionnels pour les examens donc on aura les masques qu'il faudra. 

Justement, quel rôle peut jouer le conseil régional au niveau des masques ?

On essaie d'être chacun dans nos champs de compétence. Nous, la Région, nous avons acheté 2.750.000 masques. Deux millions masques chirurgicaux et des masques FFP2. L'Agence régionale de santé les a livré entre les libéraux et les hôpitaux. C'était à l'Etat de le faire, on l'a fait parce qu'il y avait urgence.

Ensuite les acteurs économiques, champ de compétence de la Région, nous ont dit qu'ils ne pouvaient pas reprendre le travail sans être protégés. Nous avons acheté trois millions de masques, qu'on leur revend au prix coûtant. On a ainsi permis, rien que dans le BTP, à plus de mille entreprises de reprendre l'activité.

Troisièmement, on était en train de se doter de masques pour les lycées. Je sais que certains de nos masques sont partis pour des établissements type maison de retraite ou foyer. Mais ce sont des structures qui sont sous la double tutelle de l'Etat et des départements. La Région ne peut pas être partout, on a fait des choix, d'autant qu'il y avait une situation de pénurie

Le sport amateur est touché, mais les clubs professionnels le sont aussi. Fin de saison pour le Stade Malherbe de Caen, pour le HAC, les rugbymen de Rouen... Cela vous inquiète ?

On a déjà fait deux réunions avec les acteurs du sport. Nous avons créé un fonds d'urgence pour le sport, doté d'un million d'euros pour permettre aux clubs amateurs les plus frappés de s'en sortir. Le football professionnel c'est un tel budget que ce n'est pas de notre ressort. 

Mais c'est un vrai sujet pour maintenant et pour longtemps. On risque de se retrouver avec le Covid sur l'année 2020-2021. Donc comment organiser les pratiques sportives, les manifestations, les championnats ? Comment organiser les entraînements avec probablement des contraintes sanitaires importantes ? On a prévu de se revoir début juillet pour examiner les conséquences de ce virus.

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