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Économie – Social

Hôpital du Mans : des infirmières démissionnent au bout de deux ans

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Par , France Bleu Maine

Manque de moyens, manque de personnel, manque de matériel, manque de considération. L'hôpital est malade selon Laurent Hamelin. Cet aide soignant travaille depuis 30 ans à l'hôpital du Mans et il a vu la situation se dégrader pour le personnel comme pour les patients.

Le Mans, France

"C'est juste un effet d'annonce". Comme les urgentistes, Laurent Hamelin estime que le plan santé annoncé par Agnès Buzyn est une sorte d'enfumage. "Nous avions demandé la création de milliers de postes au plan national, plus de matériel, la réouverture de lits qui ont été supprimés par le passé. Mais là, il n' y a rien !" constate calmement le délégué CGT. Cela fait 30 ans qu'il travaille comme aide soignant de nuit dans le service de réanimation de l'hôpital. Il affirme que la prise en charge des patients s'est fortement dégradée ces dernières années. "Aux urgences, ces sont des attentes d'une heure avant d'intégrer le service, des personnes âgées laissées sur des brancards neufs, dix heures voire toute la nuit puisqu'il n' y a pas de lits pour les accueillir". Les conditions de travail se sont aussi fortement dégradées selon lui pour les professionnels de la santé. " Comme il n' y a qu'une infirmière, elle doit s'occuper de quinze/vingt patients en même temps. Les pompiers doivent attendre entre 45 minutes et une heure devant les urgences et cela se traduit par de l'agressivité envers les personnels soignants puisque les familles qui accompagnent quelque fois les patients ne comprennent pourquoi elles doivent subir cette attente".

Situation sous tension dans le service gériatrie pendant la canicule 

Selon Laurent Hamelin quasiment tous les services sont touchés par le manque de personnel. "En gériatrie, c'est un binôme qui gère pratiquement trente patients la nuit". Et cela se ressent particulièrement dans des situations de crise, comme lors des deux épisodes de canicule cet été. " Lors des épisodes de forte chaleur, on met des draps aux fenêtres pour cacher le soleil. Or nous avons la visite de la haute autorité de santé et nous avons eu ordre de retirer ces draps. Du coup, il y a eu un surcroît de travail et pas assez de personnel pour hydrater les patients". 

Des métiers qui sont peu attractifs

"On a une pénurie d'infirmiers et d'aide soignants". La faute aux mauvaises conditions de travail et de rémunération selon le délégué CGT . " Quand vous savez qu'une infirmière gagne 1400 euros par mois au départ avec les responsabilités qu'elle a ! Les vacances sont instaurées par la direction mais même quand on pose nos vacances on peut être rappelé à tout moment pour nécessité de service. Ce sont des rappels à domicile incessants, des changements de planning, des passages de nuit de jours. J' ai des collègues qui ont deux ans d'exercice et qui veulent déjà changer de métier. La Ministre de la Santé n'a pas pris la mesure du ras le bol des personnels soignants selon Laurent Hamelin. Il prédit un automne tendu si le gouvernement ne revoit pas sa copie.    

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