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La Poste menace de licencier un cadre de Mouzillon qui a perdu 7 proches dans le crash d'Air Algérie

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Par , France Bleu Loire Océan
Mouzillon, France

Amadou Ouedraogo aspire à la stabilité depuis la mort de son frère, de sa belle-soeur et de cinq neveux dans le crash de l'avion d'Air Algérie en juillet 2014. Lorsque son employeur lui propose de changer d'affectation, il refuse. La Poste le met à pied et menace de le licencier.

La lettre préalable à un éventuel licenciement
La lettre préalable à un éventuel licenciement © Radio France - Alexandre Blanc

25 kilomètres séparent le centre courrier de Mouzillon, où Amadou Ouedraogo encadre une équipe, de Montaigu, la ville où La Poste souhaite le muter. Mais cette distance supplémentaire compliquerait un quotidien déjà chamboulé en juillet 2014 par le crash de l'avion d'Air Algérie. Amadou y a perdu son frère, sa belle-soeur et cinq de ses neveux et nièces. "Mon fils aîné a décroché en cours l'année du bac", grommelle le père de famille qui pense aussi à la benjamine. "Je veux pouvoir aller la chercher à l'école après le travail", clame Amadou. C'est l'une des raisons qui l'ont poussé à décliner la proposition de changer de service, formulée par son supérieur direct en mars 2015. L'agent postal encore endeuillé souhaite aussi rester à proximité de la maison de son frère désormais vide. "On la surveille avec des amis, j'y fais des petits travaux. J'en ai besoin", sanglote-t-il.

Amadou Ouedraogo
Amadou Ouedraogo © Radio France - Alexandre Blanc

"Me licencier, ce n'est pas plus dur que ce que je vis en ce moment"

Depuis le mois de mars dernier, Amadou a dû refuser sa nouvelle affectation à sept reprises. À son responsable, à son chef d'établissement et son adjoint, au responsable de groupement, au directeur des ressources humaines. "C'est du harcèlement", s'emporte le salarié aux vingt années d'ancienneté. "Quand le directeur m'a envoyé un mail en disant que cela faisait un an maintenant et que je devais être capable de rebondir, ça m'a fait froid dans le dos". Le 14 septembre, Amadou Ouedraogo s'est retrouvé placé devant le fait accompli. Il refuse de prendre ses fonctions à Montaigu et se rend, comme d'habitude au centre courrier de Mouzillon. "Le responsable des ressources humaines m'a signifié ma mise à pied", témoigne-t-il. "Le lendemain, je recevais un courrier préalable à un éventuel licenciement". Depuis, il est en arrêt-maladie, lui qui n'avait pas manqué un jour de travail au moment du décès accidentel de sept de ses proches.

Le directeur départemental était venu à Mouzillon juste après le crash pour me dire que je pouvais compter sur lui en cas de besoin. Aujourd'hui, j'ai besoin et sa porte reste fermée" — Amadou Ouedraogo

La CGT-FAPT 44 dénonce le manque d'humanité et "l'autoritarisme aveugle". Selon le syndicat, le déplacement de l'agent ne relève ni d'une sanction, ni d'une réorganisation du service comme le prévoient les textes. Pour la Poste, il s'agit de la "mobilité d'un cadre à moins de 30 kilomètres", totalement réglementaire. Le communiqué de la direction courrier de Loire-Atlantique / Vendée tient en une ligne : "La demande faite au salarié correspond à une organisation interne". Le secrétaire de la CGT-FAPT 44 ne comprend pas comment l'employeur peut montrer aussi peu d'empathie. "On a quand même eu des cadres qui ont attenté à leur vie", tremble Sylvain Lamblot. Une pétition a circulé dans plusieurs sites de la Poste et les salariés sont invités à se rassembler mardi 13 octobre devant la Direction Courrier de la Poste, à Nantes.

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