Économie – Social

Il y a urgence aux urgences de Nîmes

Par Solène Cressant, France Bleu Gard Lozère lundi 12 décembre 2016 à 22:51

Les salariés dénoncent des conditions de travail trop difficiles
Les salariés dénoncent des conditions de travail trop difficiles © Maxppp - d

Journée de grève ce mardi aux urgences du CHU de Nîmes. Aides-soignants et infirmiers dénoncent le manque d'effectifs et des conditions inhumaines pour eux mais aussi pour les patients.

Le personnel des urgences du CHU de Nîmes est en grève ce mardi pour dénoncer les conditions de travail. Cadences infernales, manque de personnel avec des temps d'attente interminables. La santé des patients est en jeu parfois. Les grévistes demandent des embauches.

Ils sont actuellement sept infirmiers et sept soignants matin et soir mais c'est trop juste, ils demandent l'embauche d'une infirmière et d'une aide soignante supplémentaires et des lits pour les personnes en attente d’être hospitalisées.

"24 heures d'attente, on a le temps de mourir". Reportage aux urgences du CHU de Nîmes

Pourtant le dialogue avec la direction n'est pas coupé loin de là, mais les salariés arrivent à bout. Carole* est aide soignante aux urgences de Nîmes, entre 220 à 240 patients par jour elle l'assure, ce n'est plus gérable : "On a une zone d'attente hospitalisation de 11 lits, et depuis quelques mois, c'est une trentaine de patients qui attendent d'être hospitalisés ; ils sont sur des brancards, dans de très mauvaises conditions. On ne peut plus travailler dans ces conditions".

"Certaines fois on a eu envie de pleurer en se disant que de telles conditions ne sont plus possibles" Carole, aide-soignante

Dans la salle d'attente, la carte postale est presque banale entre ceux qui font la queue pour s'enregistrer et ceux qui patientent plusieurs heures sur une chaise. Mais le problème se situe derrières les murs.

Ève attend depuis plus de 24 heures que sont amie soit hospitalisée : "il n'y a pas de place et elle a 40 de fièvre... soupire-t-elle, c'est grave elle a un caillot près du poumon, elle ne doit pas bouger, mais vous vous rendez compte ? 24 heures ? on a le temps de mourir..."

Manque d'effectifs, mais aussi manque de fluidité dans l'organisation, la direction de l’hôpital en est parfaitement consciente. Le dialogue n'est absolument pas rompu, les discussions ont abouti à des solutions qui seront mises en place dès le mois de janvier assure le directeur des ressources humaines, Marc Taillade, mais il ajoute que tout ne se fera pas du jour au lendemain.

* le prénom a été modifié