Économie – Social

Ile-de-France : une bonne ambiance au travail rend le salarié heureux

Par Martine Bréson et Armêl Balogog, France Bleu Paris Région jeudi 15 septembre 2016 à 5:30

La salariés franciliens sont-ils heureux au travail?
La salariés franciliens sont-ils heureux au travail? © Maxppp - Eric Audras

L'étude de Malakoff Médéric sur la santé et la qualité de vie des salariés en Ile-de-France est publiée jeudi. Le constat est simple, quand un salarié se sent bien dans son entreprise, il travaille mieux et il tombe moins malade. En Ile-de-France, la qualité de vie au travail se dégrade.

Quand un salariés se sent bien dans son entreprise, il travaille mieux et il a moins d'arrêts maladie. La reconnaissance est aussi très importante. Les salariés qui se sentent reconnus par leur hiérarchie sont, dans leur grande majorité, plus enclin à améliorer leur façon de travailler. A l'inverse, c'est parmi ceux qui ont des troubles du sommeil ou qui prennent des somnifères ou des antidépresseurs que les arrêts maladie sont leur plus nombreux.

Les franciliens se sentent moins bien lotis que la moyenne nationale

La première information que nous livre cette étude est que les salariés franciliens sont moins satisfaits que la moyenne nationale : 68 % des franciliens estiment avoir une bonne qualité de vie au travail, contre 72 % pour la moyenne nationale. Idem, pour les difficultés à concilier vie privée et vie professionnelle : 40 % des franciliens ont des difficultés à les concilier, contre 36 % pour la moyenne nationale.

Une différence qui s'explique par deux aspects, selon Anne-Sophie Godon, la directrice innovation, étude et veille de Malakoff-Medéric :

"La différence entre le niveau de l'Île de France et le niveau national, s'explique d'abord par la taille des entreprises (...). On voit au niveau national que la qualité de vie au travail est meilleure dans les petites entreprises que dans les grandes (...). [On compte aussi] les temps de transports [sont] plus importants qu'au niveau national. Des salariés [qui sont] aussi plus nombreux à s'occuper d'un parent dépendant."

Anne-Sophie Godon, directrice innovation de Malakoff-Medéric, explique pourquoi les franciliens se sentent moins bien lotis que la moyenne nationale

Les salariés doivent s’adapter au changement

Les changements de rythmes au travail et les changements technologiques ne sont pas faciles à appréhender par les salariés franciliens. En Île-de-France plus de 4 salariés sur 10 estiment qu'au cours des 12 derniers mois le rythme de leur travail s'est accéléré.

Ils sont plus nombreux cette année, 38% (contre 34% en 2015) à avoir subi une restructuration ou une réorganisation de leur service ou de leur entreprise. C'est plus qu'au niveau national (34%). Ils sont 14% à s'être vus imposer un changement de poste ou de métier, c’est moins qu'au niveau national (16%).

Une grande majorité de salariés, (92%) s’adapte au changement et comprend qu'il est nécessaire (77%) mais seuls 46% indique avoir bénéficié d'une formation ou d'une communication accompagnant la mise en œuvre de ces changements. Ils sont encore moins nombreux, 41%, à avoir été impliqué en amont ou à avoir vu leur point de vue intégré.

Face aux changements technologiques, les salariés ne sont pas tous tranquilles. En Ile -Île-de-France, ils sont plus nombreux (27%) qu'au niveau national (22%) à avoir peur d'être dépassé par les nouveaux outils et les changements technologiques. La moitié des salariés interrogés, indique quand même que leur entreprise les aide vraiment à bien maitriser les nouveaux outils informatiques.

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Comment se sentir bien au travail

Ce qui compte le plus pour les salariés franciliens (51%), c'est l'ambiance et les relations avec les collègues. Le salaire vient juste derrière (39%) suivi par la reconnaissance au travail et la conciliation vie privée-vie professionnelle (38% pour les deux). L'équité de traitement entre les salariés arrive en dernière position.

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En Ile-de-France, 59% des salariés se sentent reconnus par leur hiérarchie, 72% estiment que l'on reconnait leur engagement dans leur travail.

En revanche l’autonomie s’effondre dans l'entreprise. En six ans, c'est la chute libre. En 2010 ils étaient 34% à affirmer avoir la possibilité de prendre des décisions dans leur travail. En 2016 ils ne sont plus que 22% à pouvoir le faire. C'est chez les cadres que cette perte d’autonomie est la plus forte. Parmi eux, on passe de 45% à 27%

Vie privée vie professionnelle : pas facile de concilier les deux en Ile-de-France

Dans notre région, 40% des salariés ont du mal à concilier vie privée et vie professionnelle. C'est encore plus vrai pour les cadres. Le temps de transport ne facilite pas les choses; 47% mettent plus d'une heure pour relier leur travail à leur domicile.

Beaucoup de salariés avouent avoir du mal à décrocher quand ils sont chez eux, 34% ne peuvent pas s’empêcher de consulter régulièrement leurs mails professionnels (46% des cadres, 46% des managers). Ils sont 26% à avouer travailler de plus en plus souvent à la maison en plus de leurs horaires de travail (39% chez les cadres, 33% chez les managers)

Des solutions pour faciliter la vie des salariés

Pour que cela aille mieux, la solution pour 40% des salariés interrogés, ce sont des horaires plus souples. L'idéal serait de pouvoir commencer plus tard, de finir plus tôt et de pouvoir s'absenter quand c'est nécessaire. La possibilité de télétravail est évoquée par 33% des salariés pour améliorer leur vie.

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Hygiène de vie : encore des efforts à faire

Un salarié sur deux pense ne pas dormir suffisamment et 55% seraient intéressés si leur entreprise proposait des services pour bien dormir.

En six ans, le nombre de fumeurs a reculé, il est passé de 25% à 19% et le nombre de salariés qui pratiquent un ou plusieurs sport a augmenté, il est passé de 32% à 40%.

Ils sont 27% à estimer ne pas faire ce qu'il faut pour avoir un mode de vie sain, surtout par manque de temps et pour des difficultés d'organisation ( 66%), par manque d’énergie et de courage (55%). Ils ne sont que 16% à mettre en avant le manque de moyen financier.

Les mauvaises habitudes sont toujours là. Près de 11% des salariés boivent de l'alcool tous les jours, 47% grignotent entre les repas et 16% avouent prendre des somnifères ou des antidépresseurs.

Un "baromètre de la santé" pour chaque entreprise

Malakoff Medéric, qui a conduit cette enquête, permet aussi de mener des études sur un plus petit échantillon de personnes, mais qui travaillent toutes au même endroit, comme à Fuchs Lubrifiant, en 2011. L'entreprise spécialisée dans l'huile de moteur compte 270 salariés et est installée le long de la Seine à Rueil-Malmaison dans les Hauts-de-Seine. "Par sensibilité personnelle", le directeur général, Marc Séché, a décidé de conduire cette une étude "pour savoir ce que ressentent" ses salariés. 66 % d'entre eux ont répondu anonymement à une soixantaine de questions.

Résultat : plus de 80 % sont satisfaits de leur emploi, mais les deux points noirs sont le manque de sommeil et la difficile conciliation entre la vie privée et la vie publique. Alors plusieurs mesures ont été prises : 2.300 heures de formation au bien-être ont été dispensées pendant les heures de travail et des salles de détente et une conciergerie ont été créées :

Des formations au bien-être, deux salles de repos et une conciergerie : reportage d'Armêl Balogog dans l'entreprise Fuchs Lubrifiant

*L'enquête a été réalisée par internet entre mars et avril 2016 auprès d'un échantillon de 3.500 salariés du secteur privé (784 salariés du secteur privé réside en région Ile-de-France).

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