Économie – Social

Un nouvel impôt pour financer la protection des digues à l’Île de Ré

Par Gérald Paris, France Bleu La Rochelle jeudi 12 octobre 2017 à 11:07

La Conche des Baleines sur l'ile de Ré
La Conche des Baleines sur l'ile de Ré © Maxppp - Simon Daval

Dès l'année prochaine, les Rétais vont devoir payer une nouvelle taxe pour aider au financement des digues de protection de l’Île de Ré.

Les habitants de l'Île de Ré devront s'acquitter d'un nouvel impôt destiné à contribuer au financement des digues de protection, à partir de l'année prochaine.

Pour Lionel Quillet, le président de la communauté de communes de l'Ile de Ré, l'équation est simple. "Si l'on parle de l'enveloppe financière totale nécessaire pour protéger correctement l'Ile de Ré, c'est au bas mot 100 millions d'euros". Les travaux ont déjà débuté depuis longtemps, ici une digue pour éviter une submersion, là une porte spécifique pour protéger le port de La Flotte-en-Ré. En cette fin d'année 2017, plus de 62 millions d'euros ont déjà été dépensés, reste encore 35 millions pour finaliser ce vaste projet.

"L'entretien à lui seul des digues et autres protections de l'Ile, c'est 1 million d'euros par an !"

Jusqu'ici, l'état, la région, le département et les communes finançaient ces protections, demain, et avec la rigueur budgétaire de plus en plus présente, il faut trouver d'autres financements. Avec la loi portant sur la Nouvelle Organisation Territoriale de la République, la loi NOTRe, l'occasion est trop belle pour les élus Rétais.

Au 1er Janvier 2018, il y a possibilité de créer une taxe spécifique, affectée à la création de digues ou à leur entretien, cela permettrait de prélever près d'un million 300.000 euros par an. Et Lionel Quillet précise, que "L'entretien à lui seul des digues et autres protections de l'Ile, c'est 1 million d'euros par an !".

Les élus se sont vite entendus sur ce dossier. La taxe Gemapi, plus communément appelée "impôt digue" verra le jour l'année prochaine. C'est voté depuis la fin Septembre. Globalement, tout le monde la paiera, via la taxe d'habitation, la taxe foncière, les entreprises seront également concernées. 5, 10, 20 ou 40 euros maximum par an selon les revenus ou le chiffre d'affaire.

L'impôt sera voté chaque année

Un nouvel impôt globalement acceptable pour une grande majorité de Rétais. Camila est anglaise, elle possède une maison secondaire à Saint-Martin-de-Ré, et n'est pas du tout réticente à payer cette taxe. "Je suis même prête à donner beaucoup plus s'il le fallait " .

Pour Michèle de Rivedoux, jeune retraitée, cela vient se greffer en plus d'autres impôts, elle grimace un peu déjà avec la CSG, là pour la bonne cause, elle paierait, mais souhaiterait ardemment pouvoir savoir où passe son argent. Une traçabilité réclamée aussi par une commerçante anonyme de Loix, qui se méfie de plus en plus des élus et du monde de la politique quand cela parle d'argent.

Pour autant, Lionel Quillet balaie ces doutes d'un revers de main. "C'est une taxe affectée, de ce fait on ne peut pas l'affecter à autre chose que la construction des digues " et dit-il d'un sourire, "Celui qui dans l'ile-de-Ré dit qu'il ne voit pas des digues se construire il faudrait vraiment qu'il aille voir un opticien !"

L'impôt verra donc le jour en 2018, et sera revoté d'année en année autant que nécessaire. Un impôt qui dans le temps pourrait aussi très bien disparaître ... ou pas.