Économie – Social

Ils franchissent le portail pour la dernière fois, Alcatel ferme à Orvault

Par Alexandre Blanc, France Bleu Loire Océan mercredi 30 septembre 2015 à 18:58

Alcatel-Lucent à Orvault, c'est fini
Alcatel-Lucent à Orvault, c'est fini © Radio France - Alexandre Blanc

Comme prévu, Alcatel-Lucent a fermé ses portes hier à Orvault. Seuls 150 salariés reviendront travailler sur place, mais pour le compte d'Altran. Les autres ont été mutés sur d'autres sites d'Alcatel ou repris par d'autres entreprises. Trente ingénieurs sont toujours sans solution de reclassement.

Sur les 491 salariés que comptait Alcaltel-Lucent à Orvault au moment de l'annonce du plan social fin 2013, seuls 150 franchiront de nouveau les grilles du site. Ils ont été repris par la société de conseil en innovation et en ingénierie Altran Connected Systems. Ils travaillent en sous-traitance pour Alcatel-Lucent sur les objets connectés, mais aident aussi SFR et Orange à mettre au point des systèmes pour gérer les réseaux. "Il faudra trouver d'autres marchés", prévient Gaël Clément, le délégué syndical CFDT d'Altran Connected Systems à Orvault. L'activité des 150 ex-Alcatel n'est pas garantie au-delà de 2018. Les ingénieurs seront désormais les seuls à travailler dans les anciens bâtiments d'Alcatel-Lucent, sur un site capable d'accueillir 700 salariés, au milieu de bâtiment condamnés.  

La route sera longue

La plupart des anciens ingénieurs d'Alcatel-Lucent ont dû construire leur avenir professionnel ailleurs. 80 ont changé d'employeurs, dont une soixantaine restera sur l'agglomération nantaise, dans l'entreprise informatique GFI et à Thales. Les vingt autres sont repris par Thales, à Cholet, à 70 kilomètres de leur ancien lieu de travail. Ceux qui restent chez Alcatel-Lucent ont beaucoup plus de routes à faire jusqu'à leur prochain poste. L'entreprise de télécoms et de réseaux a reclassé 190 de ses salariés à plus ou moins 300 kilomètres, à Lannion dans les Côtes-d'Armor, à Nozay dans l'Essonne et même à l'étranger. Beaucoup ont choisi de ne pas déménager malgré la distance. "Je ferai la route chaque semaine", témoigne un cadre, "mais l'hôtel ne sera plus pris en charge en décembre, et le transport en mars".

À Orvault, il y a les collègues qui se sont dits au revoir et ceux qui ont fait leurs adieux. 40 d'entre eux prennent leur retraite et trente restent encore sans solution de reclassement. "L'ancien PDG Michel Combes nous avait promis qu'il n'y aurait personne à Pôle Emploi, les gens vont y aller", lâche le secrétaire du comité d'établissement Hubert Lebrin, amer. "Au dernier moment il nous a supprimé un bonus et trois mois plus tard, il changeait les règles pour repartir avec un pactole piquer du fric ailleurs".