Économie – Social

Les pharmaciens ligériens en grève contre la baisse constante du prix des médicaments

Par Tanguy Bocconi, France Bleu Saint-Étienne Loire jeudi 26 janvier 2017 à 0:12

Dans la Loire, le mouvement de grève des pharmacies est trés suivi
Dans la Loire, le mouvement de grève des pharmacies est trés suivi © Maxppp - Jean Luc Flémal

Ce matin la majorité des pharmacies de la Loire ferment leurs portes. Rémunérations en baisse, fermetures d'officines, chute du prix des médicaments: le mécontentement est profond dans la profession.

La majorité des pharmaciens garderont leurs devantures fermées ce matin dans la Loire. Ils veulent faire pression sur le gouvernement et l'Assurance Maladie avant l'ouverture des négociations conventionnelles le 22 février prochain. Un mouvement de grève à l'appel de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (Uspo), très puissant dans notre département, pour protester contre la baisse constante des prix des médicaments, qui sont fixés par l’État. Une baisse qui impacte fortement la profession selon Olivier Rozaire, le président du syndicat des pharmaciens de la Loire:

"De plus en plus de pharmacies ferment " -Olivier Rozaire président du syndicat des pharmaciens de la Loire

26 pharmacies de moins en huit ans dans la Loire

Depuis plusieurs années, la baisse des prix des médicaments est constante : une stratégie qui permet de faire des économies à la Sécurité Sociale, mais qui coûte cher aux pharmaciens, puisqu'ils se paient sur la vente des médicaments ! Avec leurs marges qui diminuent, les banques hésitent désormais à les soutenir en cas de difficultés, et les officines sont de plus en plus nombreuses à mettre la clé sous la porte: de 279 en 2008, elles ne sont plus que 253 dans la Loire aujourd'hui.

L'avenir inquiète grandement les pharmaciens, très préoccupés par la lettre de cadrage des prochaines négociations qui évoque une poursuite de la politique de baisse tarifaire du médicament, mais aussi la possibilité de dérogations pour installer de nouvelles pharmacies dans des "lieux de passage" tels que les gares ou aéroports. Une fausse bonne idée pour les syndicats de pharmaciens qui craignent que cela ne vide d'autant plus leurs officines dans les campagnes et les centre villes.

Les prévisions les plus pessimistes annoncent deux fermetures par jour en 2017 si la conjoncture ne s'améliore pas. Un scénario qui ferait voler en éclats le maillage territorial de santé et son seuil d'une pharmacie pour 2500 habitants.

La pénurie de médicaments, une conséquence de prix trop bas en France ?

Pour les syndicats de pharmaciens, l'autre effet négatif de la politique de baisse des prix des médicaments serait une perte d'attractivité du marché français pour les fabricants et les vendeurs qui préfèrent dans ces conditions vendre leurs médicaments à l'étranger, où ils font plus de bénéfices. "Depuis deux mois, il est par exemple impossible de se faire une infiltration en France. Les trois principaux produits nécessaires pour faire une infiltration sont introuvables en pharmacie car en rupture de stock." affirme Oilvier Rozaire, le président du syndicat des pharmaciens de la Loire. Ce serait la même chose pour de nombreux autres produits.

Chez les pharmaciens ligériens, il est donc grand temps de changer de cap. Ils réclament désormais à l'Assurance Maladie d'être payés sur la base d'un quota d'actes médicaux, comme tous les autres professionnels de Santé, et non plus sur la vente des médicaments. Pas sûr cependant qu'ils soient entendus. Les négociations conventionnelles qui s'ouvrent le 22 février s'annoncent pour le moins compliquées...

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