Économie – Social

PHOTOS - Une tannerie spécialisée dans les peaux de crocodiles dans la Manche

Par Aurore Jarnoux, France Bleu Cotentin et France Bleu jeudi 12 octobre 2017 à 17:55

Environ 40 000 peaux de crocodiles sont produites chaque année par la Tannerie de Périers.
Environ 40 000 peaux de crocodiles sont produites chaque année par la Tannerie de Périers. © Radio France - Aurore Jarnoux

La nouvelle usine de France Croco a été inaugurée ce jeudi à Périers (Manche). L'entreprise, spécialisée dans le tannage de peaux de crocodiles pour les marques de luxe, emploie 90 salariés. L'objectif avec ce site flambant neuf de 7.000 m² est de doubler le chiffre d'affaires et de recruter.

Faisons un voyage dans le temple du crocodile ! Le nouveau site de l'entreprise France croco, fondée dans la Manche en 1974, a ouvert ses portes il y a deux mois à Périers. Spécialisée dans le tannage de peaux de crocodiles, l'usine de 7.000 m² a coûté 15 millions d'euros. Il y a quatre ans, la société a été rachetée par le groupe Kering, anciennement Pinault-Printemps-La Redoute. L'usine était inaugurée officiellement ce jeudi.

40 000 peaux de crocodiles produites

La première étape de la visite, c'est une grande salle où flotte une odeur un peu étrange. Sur les tables, on découvre des dizaines de peaux brutes, venues du monde entier. "Ça provient de différents continents : Etats-Unis, Afrique du Sud et Australie", précise Francis Diot, le directeur de France croco. Les reptiles utilisés à la Tannerie de Périers sont issus de fermes d'élevage.

Les peaux de crocodiles arrivent brutes à la Tannerie de Périers. - Radio France
Les peaux de crocodiles arrivent brutes à la Tannerie de Périers. © Radio France - Aurore Jarnoux

Toutes les peaux sont triées, mesurées et ensuite placées dans de grandes cuves remplies de produits chimiques. "Elles sont traitées pendant trois à quatre semaines, souligne Francis Diot. On les réhydrate, on enlève le sel, les écailles, la pigmentation de la peau et enfin, on fait un premier tannage."

Juste après, les peaux subissent un nouveau tri. Des spécialistes déterminent, en fonction de leur aspect, si elles vont devenir des bracelets de montres, des ceintures ou des sacs. Audrey, par exemple, est dans l'atelier maroquinerie. On la rencontre, un fer à repasser à la main. "On met un produit sur la peau et avec le fer, on crame et cela donne un effet vieilli", explique Audrey.

Audrey donne un aspect vieilli à la peau de crocodile. - Radio France
Audrey donne un aspect vieilli à la peau de crocodile. © Radio France - Aurore Jarnoux

Travailler dans le luxe, ça fait rêver" - Audrey, salariée depuis trois ans

Les œuvres d'Audrey et des autres salariés, "des artistes, des Van Gogh, des Gauguin" selon Francis Diot, se retrouvent ensuite chez Yves Saint-Laurent, Gucci ou encore Chanel. La Tannerie ne travaille que pour des marques de luxe.

Objectif : recruter 70 personnes dans les prochaines années

Aujourd'hui, la Tannerie emploie 90 personnes, contre une cinquantaine il y a quatre ans.

90% des salariés habitent dans un rayon de 10-15 kilomètres autour de la Tannerie, les "expatriés" viennent seulement de Saint-Lô et de La Haye-du-Puits" - Francis Diot, directeur de la Tannerie

"Tout le monde peut venir travailler à la Tannerie, répète Francis Diot. Je ne m'attache pas à l'expérience professionnelle ni à la formation mais à l'intégration de la personne, son amour du cuir." France croco a mis en place un dispositif de recrutement un peu particulier. En partenariat avec Pôle Emploi, l'entreprise teste les candidats, non pas sur leur niveau scolaire, mais par exemple sur leur dextérité manuelle. Les candidats sélectionnés suivent ensuite une formation au sein même de l'usine.

La façade de la nouvelle usine très moderne de la Tannerie de Périers. - Radio France
La façade de la nouvelle usine très moderne de la Tannerie de Périers. © Radio France - Aurore Jarnoux

L'objectif à terme est de recruter 70 salariés supplémentaires et de doubler le chiffre d'affaires. "C'est un marché qui est porteur mais aussi très exigeant, rappelle Jean-François Palus, le directeur général de Kering, propriétaire de France Croco. Ici, nous avons le personnel et le savoir-faire nécessaires pour conquérir de nouveaux marchés".

Le groupe veut produire d'ici quelques années 100 000 peaux pour la fabrication de bracelets de montres, contre 35 000 aujourd'hui. Concernant la maroquinerie, la production passerait de 7 000 à 40 000 peaux.