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"Amortisseur tangible","pas équitable","chèque en bois" : l'indemnité inflation suscite des réactions mitigées

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Le Premier ministre Jean Castex a annoncé, jeudi soir, une "indemnité inflation" de 100 euros pour tous les Français qui gagnent moins de 2.000 euros net par mois. Une annonce qui suscite des réactions mitigées, notamment chez les associations de consommateurs et les politiques, très divisés.

Un automobiliste fait le plein de sa voiture, jeudi. Un automobiliste fait le plein de sa voiture, jeudi.
Un automobiliste fait le plein de sa voiture, jeudi. © AFP - Patricia Huchot-Boissier / Hans Lucas

Un chèque de 100 euros pour les 38 millions de Français qui gagnent moins de 2.000 euros par mois, qu'ils soient actifs, retraités, en recherche d'emploi, indépendants ou encore étudiants boursiers. Le Premier ministre Jean Castex a également annoncé le blocage des prix du gaz jusqu'à la fin 2022, jeudi soir sur TF1. Des mesures qui suscitent des réactions mitigées. Si certains estiment que c'est une aide bienvenue, d'autres la jugent inéquitable et  mal ciblée, alors que les écologistes estiment qu'on ne s'attaque pas au fond du problème.

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L'UFC Que Choisir dénonce une mesure "pas immédiate, pas équitable, pas ciblée"

Alain Bazot, le président de l’UFC-Que Choisir, a dénoncé sur franceinfo une mesure "pas immédiate, pas équitable, pas ciblée". Pour lui, la mesure "n'est pas immédiate" parce qu'il va "falloir attendre fin décembre pour recevoir dans la hotte du père Noël ce chèque". Mais Alain Bazot dénonce "surtout un chèque qui n'est pas équitable, qui n'est pas ciblé. A vouloir faire trop simple, on prend une mesure qui ne tient pas compte des réelles dépenses", estime-t-il. Il souligne que certaines personnes "n'utilisent pratiquement pas de voiture. Il vont recevoir 100 euros, tant mieux". Mais à côté, d'autres "l'utilisent beaucoup, et les 100 euros ne sont pas à la hauteur des dépenses". Il ajoute que cette indemnité "pour solde de tout compte" ignore "ceux qui se chauffent au fioul", notamment "en zone rurale".

L'association de consommateurs CLCV salue un "amortisseur tangible et un engagement pas négligeable"

A contrario, "cela constitue quand même un amortisseur tangible et un engagement de l'Etat qui n'est pas négligeable", a réagi vendredi sur franceinfo François Carlier, le délégué général de la CLCV. Pour lui, "le point fort, c'est la simplicité et que cela touche un public large." Il estime que "le gouvernement a vraiment tiré les conséquences de la crise des "gilets jaunes", à savoir que l'augmentation des prix de l'énergie touche beaucoup de gens et pas seulement les gens avec des revenus très modestes, mais toute la large classe populaire moyenne." Pour lui, "ce n'est jamais assez, ça ne suffit pas en soi", mais "c'est vraiment une bonne chose", et "cela va permettre assez rapidement de toucher l'aide sans faire de démarche administrative."

Une "bonne nouvelle" qui ne tient "pas compte des inégalités territoriales" pour Familles rurales

Pour Familles rurales, cette indemnité est "une bonne nouvelle", parce que le gouvernement a "tenu compte de l'impact de la hausse des carburants", a réagi sur franceinfo Dominique Marmier, le président de l'association. Mais il déplore que cette aide ne tienne "pas compte du tout des inégalités territoriales". "Dans les territoires ruraux, il n'y a pas d'alternative à la voiture individuelle", a-t-il souligné. "Donc la voiture individuelle, elle s'impose. C'est une contrainte réelle pour les habitants." Le président de l'association a rappelé qu'en milieu rural, "les services de proximité se sont éloignés ces dernières années". Il a ainsi pointé "des contraintes spéciales aux territoires ruraux, avec un surplus chiffré à 600 euros" par Familles rurales.

"Des mesures d'urgence sans s'attaquer au cœur du problème", pour le député écologiste David Cormand 

"On continue à faire des mesures d'urgence sans s'attaquer au cœur du problème", a réagi ce vendredi sur franceinfo David Cormand, député européen EELV. "Ce qui me sidère c'est qu'au fond on continue à ne pas voir la vérité en face", a-t-il déploré. "On nous a promis des promesses intenables, qu'on pouvait continuer à avoir accès à une énergie illimitée, bon marché, sans conséquence pour notre environnement, mais c'est faux", a-t-il rappelé. 

"Depuis des générations, des décennies, on se tue à répéter qu'il faut changer de modèle, réaménager notre territoire pour être moins dépendant de la voiture, isoler nos logements pour arrêter de dépenser des sommes astronomiques pour se chauffer. Bref, il faut tout revoir." Pour lui, "il faut surtout préparer l'avenir. On institue un chèque énergie de 400 euros pour les gens qui n'ont pas d'alternative. Cela permet de lisser la situation le temps qu'on mette en œuvre des alternatives réelles." EELV compte "développer les transports collectifs, les alternatives vélo, les gares de proximité, rapprocher les lieux d'emploi des lieux où on habite" pour résoudre les problèmes. 

Un "chèque en bois financé par la dette" dénonce LR

La droite a raillé, à l'image de Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, "un nouveau chèque en bois financé par la dette".

Un dispositif "ni juste ni efficace" pour les Insoumis 

"C'est surtout une indemnité de la trouille", a dénoncé sur franceinfo le député La France insoumise de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel. Son parti milite pour "bloquer les prix" des carburants. Eric Coquerel a détaillé la "trouille du gouvernement" de "faire face à ce qui pourrait être la fronde des Français" dont le "pouvoir d'achat est en berne". Pour lui, _c_e dispositif "ne règle rien", et il craint que ce chèque de 100 euros soit "très rapidement mangé" par une nouvelle augmentation des prix. Il "fallait bloquer les prix" du carburant avant qu'il "ne soit trop tard", plutôt que "d'aller chercher de l'argent" qui va continuer à creuser le déficit de l'Etat, plaide le député. "Il fallait aussi s'attaquer aux marges des entrepreneurs, des raffineurs", a-t-il ajouté.

Le Front national continue à défendre une baisse des taxes

Marine Le Pen continue, de son côté, à défendre "sa proposition de faire baisser immédiatement la TVA de 20 à 5,5% sur les carburants, mais aussi sur le gaz, le fioul domestique et l'électricité". "Là, le Premier ministre nous a construit une usine à gaz", a estimé Laurent Jacobelli, porte-parole du RN sur franceinfo.

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