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Économie – Social DOSSIER : La ruralité : un enjeu électoral 2017

Indre : le maire de Tilly « gère la pénurie » de sa petite commune rurale

lundi 27 mars 2017 à 8:32 Par Armêl Balogog, France Bleu Berry

Le maire, Jean Imbert, s’apprête à prendre des « mesures impopulaires » pour que Tilly ne soit pas mise sous tutelle de l’Etat, à cause de son endettement.

A Tilly (Indre), la mairie "gère la pénurie"
A Tilly (Indre), la mairie "gère la pénurie" © Radio France - Armêl Balogog

Tilly, Indre, France

"J’ai cherché en vain le mot ruralité dans les programmes des candidats à la présidentielle, et je n’ai rien trouvé", déplore Vanik Berbérian, le maire de Gargilesse et président de l’Association des maires ruraux de France (AMRF). Pourtant, la ruralité est un enjeu majeur dans le Berry et dans la France entière, où des petites communes se battent au quotidien pour survivre.

Dans le sud de l’Indre, le maire de Tilly doit réorganiser les dépenses, voire même les recettes, pour rentrer dans ses frais. Jean Imbert ressemble à ces maires ruraux que décrit Vanik Berbérian, "épuisés mais pas découragés", parce qu’ils les aiment, leurs communes.

Quand on prend un mandat, c’est qu’on rêve d’apporter quelques choses aux gens, mais là on ne peut rien faire. – Jean Imbert, maire de Tilly

Tilly, à la recherche de la moindre économie

Le maire dresse le bilan : la commune perçoit de moins en moins de dotations de l’Etat, perd des habitants – environ 140 en 2017 contre plus de 160 en 2013 – et donc des rentrées fiscales.

Tilly a un budget annuel de 160.000 euros, qui lui permet tout juste de fonctionner. Mais, elle doit faire des économies pour rembourser un emprunt de 12.000 euros. Résultat, "pas possible" de "refaire une rue qui est dans un état pitoyable". La mairie a aussi renégocié les emprunts de la commune, les assurances en supprimant "celles qui ne sont pas nécessaires", et cherche à baisser ou changer les abonnements téléphoniques, "trop chers".

Ce serait des toutes petites économies pour certains, mais pour nous, ce sont des économies importantes. – Jean Imbert, maire de Tilly

Le maire a même demandé à contrecœur à son deuxième adjoint, Hugues Rizet, de renoncer à ses indemnités. "Les gens ne comprendraient pas qu’on fasse des économies mais qu’on ait toujours deux adjoints indemnisés." Hugues Rizet a accepté, permettant ainsi à la commune d’économiser environ 3.000 euros par an, même si "ça n’empêche pas que les frais soient là", comme quand il fait des allers-retours entre Tilly et Châteauroux, Poitiers ou Orléans, pour répondre à ses responsabilités d’élus.

Si on a la chance d’avoir une retraite qui permette de s’en passer, autant en faire profiter la commune. – Hugues Rizet, adjoint au maire à Tilly

La communauté de communes en demande trop, selon le maire

En 2013, Jean Imbert a accepté de rejoindre la communauté de communes Marche occitane - Val d'Anglin. Il pensait que ça allait l'aider, qu'il serait moins isolé puisqu’en collectivité avec d’autres petites communes rurales. Mais finalement il doit verser 30.000 euros par an à la communauté, près de 20 % de son budget annuel.

Selon lui, la communauté de communes n’a pas pris en compte la capacité de financement par habitant de Tilly. Dans un tableau, il montre que sa commune est celle qui a le moins de capacité financière sur les dix-sept autres. Mais il n’avait pas ce document avant de signer, quatre ans auparavant.

Mon autocritique, c’est que je n’ai pas vu le coup venir. Mais il faut dire qu’un élu, c’est un élu, ce n’est pas un professionnel. – Jean Imbert, maire de Tilly

La fiscalité pourrait augmenter

"Maintenant, on doit prendre des mesures impopulaires", se désole le maire. Il va mettre au vote du prochain conseil municipal une hausse de la fiscalité, "mais pas au-delà de 4 %". Une nécessité selon Jean Imbert pour rembourser les dettes de la commune et ne pas être mis sous tutelle de l’Etat.

Il faut comprendre que si on ne prend pas ces mesures-là, la commune risque tout simplement d’être en déficit, et d’être mise sous tutelle. Et en général, les tutelles ne font pas de sentiment. – Jean Imbert, maire de Tilly

Les rentrées fiscales sont les seules recettes du village, elles représentent plus de 40.000 euros par an. Le reste du budget de Tilly dépend des dotations de l’Etat. Alors, dans ce contexte d’élections présidentielle et législatives, le maire ne voit pas comment Tilly pourrait s’en sortir, s’il ne pouvait pas augmenter les taxes et si les dotations de l’Etat devaient encore baisser.

Si j’étais président… - Vanik Berbérian, le président de l’AMRF

Pour aider les communes rurales, selon Vanik Berbérian, maire de Gargilesse et président de l’association des maires ruraux de France (AMRF), il faut d’abord changer les mentalités, avant de demander plus de financements.

Il faut commencer peut-être par éduquer les politiques pour qu’ils arrêtent cette éternelle fuite en avant qui consiste à déséquilibrer le pays en concentrant toujours les pouvoirs, les moyens, l’économie, les populations dans les zones urbaines. – Vanik Berbérian, président de l’AMRF

"C’est de ça dont on souffre", ajoute-t-il. Le maire estime que les territoires ruraux "souffrent" d’un manque de reconnaissance par le monde politique. "On a une espèce de hiérarchie un peu stupide qui consiste à considérer que ce qui est urbain est forcément bien et ce qui est rural est forcément difficile et moins porteur de potentiel. C’est réducteur comme vision."

Selon lui, si la vision de la ruralité changeait, cela permettrait de prendre plus de décisions appropriées aux besoins de ces territoires, comme les aides à domiciles, les transports ou encore le très haut débit.

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