Économie – Social

Inquiets pour leur avenir, les salariés de la Chocolaterie de Bourgogne ont débrayé

Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne mardi 14 novembre 2017 à 19:18 Mis à jour le mardi 14 novembre 2017 à 19:21

Maria Da Rocha, déléguée CGT, espère l'arrivée d'un repreneur industriel pour relancer la chocolaterie.
Maria Da Rocha, déléguée CGT, espère l'arrivée d'un repreneur industriel pour relancer la chocolaterie. © Radio France - Jacky Page

La CGT appelait le personnel de la Chocolaterie de Bourgogne à deux heures de débrayage ce mardi entre 11h et 13h. Le syndicat, majoritaire dans l'entreprise de 185 salariés, réagissait après le placement en redressement judiciaire de l'entreprise dijonnaise le 31 octobre.

« La chocolaterie dijonnaise vivra ». C’est ce que proclame une banderole accrochée par la CGT à une rambarde, devant l’usine. Le 31 octobre, le tribunal de commerce de Dijon a placé l’entreprise en redressement judiciaire. Actuellement, la chocolaterie est entre les mains d'un fonds d'investissement néerlandais, et Maria Da Rocha, déléguée CGT, espère l'arrivée d'un industriel : « On veut se mobiliser et peser pour qu’il y ait un repreneur industriel, pour la pérennité de ce site. Un industriel, il a la connaissance de l’outil de travail, du développement, du marché, des fournisseurs, tandis qu’un investisseur, il met des moyens financiers minimes, quasi inexistants pour redonner une dynamique à ce site ».

Comment a-t-on pu arriver à une procédure de redressement judiciaire trois mois seulement après l’apport de 5 millions d’euros par trois nouveaux investisseurs ? Céline Boidevezi, la directrice du site, apporte cette explication : « La situation était compliquée depuis le début de l’année. On avait lancé un plan de restructuration financière. On s’était donné six mois, à la finalisation de ce plan, pour le mettre en place. Aujourd’hui, on a une perte anticipée du chiffre d’affaires qui fait que la poursuite de l’activité n’est plus assurée et qu’on a décidé de mettre en redressement judiciaire sans attendre la fin de ces six mois. »

Retards de livraisons et perte de clients

La Chocolaterie de Bourgogne fabrique des produits chocolatés, comme des tablettes, des barres, ou en ce moment des papillotes, pour des marques de distributeurs, Dia ou Intermarché, entre autres. La CGT dénonce la perte de clients importants, comme Carrefour. La direction confirme : « les problèmes de trésorerie ont fait qu’on ne pouvait plus assurer les livraisons. Donc on a mis plusieurs clients en rupture plusieurs mois de suite, et on a perdu des clients à cause de ça. »

Les salariés s’inquiètent pour leur emploi, dans une entreprise qui depuis 2009 a connu deux plans sociaux avec plus de deux cents postes supprimés. Véronique, 29 années dans l’entreprise, se dit « épuisée, fatiguée et en colère contre la direction qui nous a menti depuis le début. Ils arrivent avec de beaux discours, mais depuis que Nestlé nous a abandonnés, on n’a vu aucune amélioration, on a vu l’usine se dégrader, des pertes de produits ». Elle a été très affectée aussi par le départ de collègues, d’amis, au fil des plans sociaux précédents. Et bien sûr, elle s’interroge sur l'avenir de son propre emploi. Après la fin du délai pour le dépôt des offres de reprise de la Chocolaterie de Bourgogne le 27 novembre, le tribunal de commerce de Dijon se penchera sur le sort de l’entreprise le 4 décembre.