Économie – Social

Inquiétude à Bourges après l'annonce d'une fusion Nexter-KMW

Par Alexandre Chassignon, France Bleu Berry vendredi 11 juillet 2014 à 7:00

L'usine Nexter de Bourges est spécialisée dans les munitions.

Le groupe français d'armement terrestre se rapproche de son concurrent allemand en prévision d'une fusion. Davantage d'espoirs à l'export mais aussi une concurrence interne dans les véhicules blindés. Les munitions fabriqué à la Chapelle-Saint-Ursin près de Bourges, considérées comme stratégiques, devraient bénéficier d'un statut particulier.

D'après les premiers élements connus sur ce rapprochement, l'Etat, actuel actionnaire unique de Nexter, ne détiendra plus que 50 % du nouvel ensemble Nexter - KMW. Le fabricant français hier des Leclerc, aujourd'hui des VBCI, sera regroupé dès 2015 avec celui du char Leopard et du blindé Boxer, concurrents directs. L'ensemble, une nouvelle holding baptisée "Kant" dont le siège serait aux Pays-Bas, sera le premier producteur européen d'armements terrestres . Une assurance de pérennité dans un secteur directement frappé par la baisse des commandes publiques ? Ou bien prélude à un plan social ?

Depuis l’annonce du rapporchement, la CGT de Nexter dénonce une “privatisation contraire aux intérêts de la France” et craint “de nouvelles saignées dans les effectifs” en particulier pour le bureau d'études de Bourges. La CFDT a aussi demandé à l’Etat “des garanties industrielles et sociales”. Nexter emploie 2.775 personnes en France, contre 17.500 en 1989 à la création de Giat Industries, qui réunissait les anciennes manufactures d’armes.

Nexter KMW bob 1

"Golden share"

Le groupe familial allemand Krauss-Maffei Wegmann compte moitié plus de salariés et un carnet de commande deux fois plus rempli, grâce à l’export, où il réalise 80% de son chiffre d’affaires.

L'avantage de Nexter est de savoir fabriquer, en plus des canons, des munitions modernes pour les alimenter. Des munitions conçues à Bourges et assemblées tout près, à la Chapelle-Saint-Ursin. En plus de ses 50 %, l'Etat devrait posséder une "golden share", que l'on pourrait traduire par "action préférentielle", pour pouvoir garder le contrôle sur cette activité stratégique . Les ateliers berrichons garantissent en effet l'indépendance de la France dans les obus de gros et moyen calibre, mais aussi les têtes des misiles.

Nexter KMW bob 2

Les précisions de Bruno Cadene.