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Économie – Social

INTERVIEW | Crise du porc : "C'est un chantage auprès des paysans" selon le président de la Fédération porcine

mercredi 12 août 2015 à 15:12 Par Nicolas Balu, France Bleu

Depuis vendredi dernier, les deux principaux industriels du porc, la Cooperl et le groupe Bigard, ne participent pas au marché au cadran de Plérin, principal marché porcin de France. Ils protestent contre le prix fixé à 1,40€ le kilo, convenu lors des négociations de juillet dernier sur les prix du porc. Pour Paul Auffray de la Fédération nationale porcine, "c'est une forme d'agression".

Paul Auffray, de la fédération porcine, ici avec le ministre de l'Agriculture Stéphane le Foll
Paul Auffray, de la fédération porcine, ici avec le ministre de l'Agriculture Stéphane le Foll © MaxPPP

> A LIRE AUSSI : La Cooperl absente jeudi au marché au cadran

Comprenez-vous que des industriels porcins boycottent le marché du porc ?

Plutôt que de se retirer comme cela du marché, de façon brutale et unilatérale vendredi dernier, on aurait souhaité pouvoir en discuter avec eux avant. C’est une forme d’agression : c’est à la fois un chantage exercé auprès des paysans Français, et un ultimatum qui nous est lancé. Derrière leurs arguments, la Cooperl et le groupe Bigard réclament tout simplement aux producteurs français une baisse de prix.

Faut-il donc remettre tout le monde autour d’une table pour négocier ce prix fixé à 1,40€ le kilo ?

Ce chiffre, c’est le prix d’équilibre actuel pour les éleveurs de porcs. En-dessous, ils travaillent à perte. Très honnêtement, faire augmenter les prix du porc, c’était une demande très légitime de la part de l’ensemble des éleveurs de porcs français, d’autant plus que nous sommes en crise depuis plusieurs années, et sous embargo russe depuis 18 mois.

Mais comment faire face à la concurrence des producteurs espagnols ou allemands, moins chers ?

Les industriels français, au vu de la situation ailleurs en Europe, disent que le prix de 1,40€ est un prix artificiel, fixé pour des raisons politiques [le XX juillet les différents acteurs de la filière avaient convenu de ce prix, ndlr]. Mais le prix allemand est lui aussi un prix politique décidé par les industriels allemands, et il déforme la concurrence de façon scandaleuse.

Qui a les cartes en main pour mettre un terme à ce bras de fer ?

Le gouvernement peut faire quelque chose, pour tout ce qui tourne autour des charges et des normes en perpétuelle évolution, qui font qu’on travaille sans jamais savoir à quelles règles se fier.

Mais il y a aussi un travail à faire sur les normes sociales européennes : le gouvernement doit porter ce sujet à la commission européenne à Bruxelles, pour faire d’une crise économique agricole un enjeu politique majeur pour la survie de l’Europe.