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Économie – Social

À Irancy, il manque encore des vendangeurs

vendredi 1 septembre 2017 à 19:28 Par Kevin Dufreche, France Bleu Auxerre

Alors que les récoltes doivent démarrer au début de la semaine, certains domaines sont toujours à la recherche de vendangeurs. Une difficulté à composer les équipes qui posent des questions, et qui obligent les viticulteurs à se remettre en question.

À Irancy, certains domaines cherchent encore des vendangeurs, alors que la récolte doit commencer dans les jours qui viennent.
À Irancy, certains domaines cherchent encore des vendangeurs, alors que la récolte doit commencer dans les jours qui viennent. © Radio France -

Irancy, France

David Renaud doit commencer sa récolte mercredi. S'il peut compter sur un noyau dur composé de gens "qui prennent même des vacances" pour venir faire les vendanges, il n'arrive pas à boucler son équipe. "La saison démarre tôt, les étudiants que l'on peut avoir d'habitude ne sont pas là, ils sont peut-être toujours en vacances", s'amuse-t-il.

Une situation rare

"C'est vrai qu'on a des difficultés à trouver cette année", explique David Renaud, qui sait que ses collègues rencontrent pour la plupart les mêmes problèmes. "Du coup on va prendre des gens qui font les vendanges chez d'autres collègues, et qui vont avoir fini quand nous on va commencer". De la débrouille, de l'entraide entre viticulteurs, pour trouver des bras.

Plusieurs facteurs sont responsables de cette pénurie de vendangeurs, selon Christophe Ferrari, viticulteur à Irancy, et vice-président de la Confédération des Appellations et Vignerons de Bourgogne (CAVB) : "la première c'est que la saison est avance, et que les gens ne s'attendent pas à faire les vendanges fin août / début septembre". Et puis il y a les motivations économiques : "certains ne veulent pas perdre leurs indemnités chômage pour quelques jours, d'autres prennent en compte le fait que les cotisations sur les emplois occasionnels ont augmenté de deux points, et que du coup, ça fait un peu moins d'argent".

De quoi se demander s'il ne va pas falloir changer de méthode, même à contre-coeur. "Ce que l'on voit depuis quelques années, ce sont des entreprises de prestation de service, spécialisées dans les travaux agricoles, qui viennent nous proposer leurs services, explique David Renaud. Un jour on aura pas le choix, on sera contraint de passer par ce système là".

Le reportage de Kevin Dufrêche

Autre solution, la mécanisation. En France, près de 60% du vignoble est vendangé mécaniquement. Dans le Chablisien, c'est 90%. Alors peut-être qu'à Irancy, on va s'y mettre aussi. "Ceux qui ont des grandes surfaces, plus de dix hectares, vont sûrement repartir avec une machine à vendanger, parce que le coût économique va les y inciter, et ils se diront tant pis pour les vendangeurs", explique Christophe Ferrari, un peu dépité.

Autres temps, autres moeurs

Et puis, il y a l'ambiance, qui n'est plus comme avant au rendez-vous. "Depuis qu'on ne loge plus les vendangeurs, ou moins, il n'y a plus personne dans le vignoble à 18h30", explique Christophe Ferrari, qui pense que la mentalité a changé chez tout le monde. "Y compris chez les vendangeurs, ils ne sont plus dans le même état d'esprit".

"Quand les vendangeurs restaient sur place, ils profitaient... des produits locaux !", Christophe Ferrari, vigneron à Irancy

Il est peut-être bientôt terminé, le temps des fêtes de villages pendant les vendanges, et celui des petites mains qui fourmillent au pied du raisin.

Christophe Ferrari, vigneron à Irancy : "Il ne faut pas vivre dans le passé"