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Isère : 123 suppressions de postes à venir pour une entreprise de la plateforme chimique à Roussillon

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Par , France Bleu Isère
Roussillon, Isère, France

C'est ce mardi, lors d'une rencontre entre les représentants syndicaux et le groupe Cerdia, que ce dernier a fait part de son projet de fermeture de son activité liée au tabac. 123 emplois sont en jeu. La première réunion officielle, qui va enclencher le processus, est programmée ce 7 juillet.

La plateforme chimique de Roussillon en nord Isère, mars 2014.
La plateforme chimique de Roussillon en nord Isère, mars 2014. © Radio France

Gros coup dur pour l'emploi sur la plateforme chimique à Roussillon (Isère). Cerdia, groupe basé en Suisse, adossé au gros fonds d'investissements américain Blackstone, a fait part ce mardi matin aux syndicats de "son intention d'engager une procédure d'information et de consultation de ses partenaires sociaux concernant l'arrêt des activités de flocons d'acétate de cellulose du site de Roussillon", précise le communiqué.

Autrement dit, Cerdia va fermer cette activité liée à l'industrie du tabac. En principe, d'ici la fin de l'année. Les flocons d'acétate de cellulose sont un des composants des filtres à cigarette. Un choix qui s'explique par la baisse constante de la vente de tabac selon le groupe. "Par exemple, entre 2012 et 2018, en France, la vente de tabac a chuté de 22% et l'activité acétol liée au tabac est déficitaire", indique une personne chargée de la communication du groupe. Cette activité emploie 123 personnes sur 155 collaborateurs. 

Une stratégie financière et non industrielle pour la CGT

"Notre employeur n'a eu aucune stratégie pour nous permettre de nous diversifier. Cerdia appartient à fonds d'investissements qui veut faire du fric, du fric. Donc, on ferme Roussillon pour ça", analyse, amer, Grégory Gomez, délégué syndical CGT chez Cerdia, à Roussillon. 

Pour lui, le groupe, globalement, est en très bonne santé financière. Il y avait eu la promesse de trouver de nouvelles activités, de se diversifier. Sans que cela soit suivi d'effet. Selon lui, face à la baisse du tabac, les efforts auraient aussi pu être partagés entre les différents sites du groupe, basés hors de France. 

"On s'attendait à une trentaine de suppressions de postes, pas à une fermeture d'unité. Les gens ont bossé, ont fait des sacrifices par le passé et voilà comment on nous remercie. C'est le sentiment d'un immense gâchis", poursuit-il. Il évoque ses collègues, dont la majorité a entre 45-55 ans. Une cellule psychologique, avec un numéro vert, est en place.

Les 32 autres salariés de l'entreprise, qui eux fabriquent notamment de l'acide nitrique que l'on retrouve dans la composition d'engrais ne sont pas concernés. 

Grégory Gomez est délégué syndical CGT chez Cerdia

Cerdia dit vouloir "les meilleures solutions d'accompagnement possibles"

Mardi prochain, le 7 juillet, doivent s'ouvrir des négociations entre la direction et les syndicats. Une période de 3 mois au cours desquels seront discutées, selon la direction, les mesures pour favoriser le retour à l'emploi des 123 salariés. Comprenez les plans de formation, les aides à la création d'entreprise, les primes de départ... 

Il sera aussi question de propositions de reclassement, même si cette piste semble offrir peu de perspectives. Cerdia possède d'autres sites, mais ils se trouvent en Allemagne, aux États-Unis, au Brésil, en Russie.

Cerdia, qui avait racheté ce site en 2017, dit qu'en parallèle le groupe travaillera à chercher un entreprise qui souhaiterait implanter sur place une nouvelle activité. Sans garantie, cependant, pour l'instant.

Via son service presse, le groupe indique qu'il n'est pas disponible, pour le moment, pour une interview.

Des conséquences plus larges redoutées sur le territoire

"On savait que Cerdia n'allait pas fort, mais on ne s'attendait pas à une fermeture en fin d'année", indique Ismaan Ayhan, déléguée CGT au groupement d'intérêt économique Osiris, basé sur la plateforme et qui est prestataire de services pour les entreprises dont Cerdia. Un Comité social et économique (CSE) exceptionnel est prévu ce jeudi pour le G.I.E Osiris, 270 salariés. "Pour le G.I.E, il faut s'attendre par exemple à moins de recours à l'intérim." Ismaan Ayhan redoute aussi des départs en retraite non remplacés. "Nous espérons que le G.I.E n'aura pas à licencier, rien n'est certains puisque les dégâts collatéraux n'ont pas encore été évalués", poursuit-elle.

Frédéric Fructus, administrateur du G.I.E Osiris affirme pour sa part que "cette annonce brutale est un choc pour les 16 entreprises de la plateforme, les 1600 collaborateurs qu'elle rassemble et pour tout le territoire. La décision de Cerdia fragilise le G.I.E et donc l'équilibre de tout un écosystème industriel référent en France. Dans l'immédiat, nos pensées vont aux salariés de Cerdia que nous côtoyons depuis des années." 

Dans son communiqué, Osiris dit qu'il "va mesurer l'ampleur des conséquences du départ de Cerdia qui devraient être importantes. Dès à présent, le G.I.E appelle Cerdia à respecter l'ensemble de ses engagements et à assumer toutes ses responsabilités vis-à-vis du G.I.E et de l'ensemble des parties-prenantes de la plateforme de Roussillon."

Grégory Gomez, délégué CGT, de son côté, évoque aussi des conséquences à venir pour les nombreux sous-traitants du territoire qui travaillent aujourd'hui pour Cerdia et qui seront par conséquent impactés. 

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