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"J'ai bien fait de venir aujourd'hui" : des Lorrains au Luxembourg pour faire le plein de cigarettes

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Par , France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Sud Lorraine

Il était annoncé pour ce samedi 1er août, finalement le décret a été publié dès ce vendredi 31 juillet. Il est désormais interdit de ramener en France plus d'une cartouche de cigarettes par personne. Les frontaliers lorrains en ont profité pour compléter leurs stocks au dernier moment au Luxembourg.

Selon le décret publié ce vendredi au Journal Officiel, il est interdit de ramener en France plus d'une cartouche par personne
Selon le décret publié ce vendredi au Journal Officiel, il est interdit de ramener en France plus d'une cartouche par personne © Radio France - Lucas Valdenaire

Fini les coffres remplis de cigarettes et de pots de tabac de retour du Luxembourg. Désormais, vous ne pouvez ramener en France qu'une seule cartouche au lieu de quatre par personne (on passe ainsi de 800 à 200 cigarettes). Pour le tabac à rouler, on passe d'un kilo à 250 grammes.

Le décret a été publié ce vendredi 31 juillet au Journal Officiel. Il est donc exécutoire le même jour. L'objectif affiché est de s'attaquer à la contre-bande et de soutenir les buralistes frontaliers, en manque de clients et de chiffre d'affaires. La fédération nationale des buralistes avait annoncé la date du 1er août. C'est pourquoi, plusieurs Lorrains ont décidé de faire le détour au Luxembourg au dernier moment, histoire de remettre les stocks à niveau.

"On aurait du s'aligner sur le Luxembourg"

Comme beaucoup d'autres, Francis est venu faire le plein d'essence à Frisange, à la frontière franco-luxembourgeoise. Il en profite pour acheter quelques cartouches et pourtant, cette nouvelle règle, il n'en avait pas entendu parler. « Ah bon ? Alors, j'ai bien fait de venir aujourd'hui, » sourit cet habitant de Maizières-les-Metz.

Passer de quatre à une seule cartouche, cela n'a aucun sens pour lui. « Je peux comprendre les buralistes qui sont du coté français, mais je suis désolé, on aurait du s’aligner depuis longtemps sur le Luxembourg ! »

"J'ai trouvé des petites combines"

Daniel a fait plus d'une heure de route pour plusieurs cartouches. Originaire de Pont-à-Mousson, il savait que le décret allait arriver tôt ou tard, mais il ne savait pas quand exactement. « J'ai cherché sur Internet et je n'ai pas trouvé de date précise, confie-t-il. Mais oui je suis venu exprès quand même, au cas où. On subit les taxes alors on vient là ! En France, on ne peut plus fumer, c'est trop cher. La dernière fois, j'ai payé deux paquets 23 euros ! »

C'est pourquoi le Lorrain n'a pas l'intention de changer ses habitudes, malgré cette nouvelle restriction. « Je viendrai ici tant que je pourrai. Pendant le confinement, j'ai trouvé des petites combines, dans la limite du raisonnable bien sûr. Et on connaît toujours des gens qui connaissent des gens qui travaillent au Luxembourg. Il y a toujours moyen de se faire ramener du tabac ».

"Bonne chance aux douaniers"

« Vous savez, les clients français se disent qu'ils continueront quand même à aller au Lux, souffle Antoine Palumbo, buraliste à Talange et président du syndicat des buralistes de Moselle. Mais bon, cette fois, il y aura des contrôles. Franchement, je souhaite bonne chance aux douaniers, ils vont avoir du travail supplémentaire. »

Ce vendredi après-midi, la circulaire d'application n'avait pas encore été distribuée aux douanes françaises, mais ce vendredi soir, les nouvelles restrictions indiquées dans l'article 575 I du code général des impôts sont écrites noir sur blanc sur leur site internet. En Lorraine, elles appellent à la prudence et préviennent que les contrôles pourraient être organisés à tout moment. 

"Enfin entendus, enfin écoutés"

« On est enfin entendus et écoutés, sourit Antoine Palumbo. Aujourd'hui, on est très heureux de cette situation. C'est la santé qui prime et c'est la fiscalité aussi ! Entre quatre et cinq milliards de pertes fiscales, est-ce qu'on peut encore se le permettre aujourd'hui ? On va de nouveau rentrer de l'argent et on va aider les commerces qui sont dans une situation critique, surtout en ce moment. Ces quatre milliards retrouvés feront du bien à l’État. »

Pour le président de la fédération des buralistes de France, Philippe Coy, contacté par France Bleu Lorraine, « ce décret est une victoire, mais la lutte contre le marché parallèle doit se poursuivre. » Il réclame désormais une harmonisation européenne de la fiscalité sur le tabac.

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