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Le choc des salariés d'Alteo face aux difficultés de l'usine : "J'ai vu des hommes en larmes"

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Par , France Bleu Provence

Vive inquiétude pour les salariés de l'usine Alteo à Gardanne (Bouches-du-Rhône). La direction a annoncé le dépôt d'une demande de placement en redressement judiciaire. Ce jeudi, ils manifestent devant le tribunal de commerce de Marseille, qui doit examiner la situation de l'entreprise.

Les salariés d'Alteo vont manifester ce jeudi devant le tribunal de commerce de Marseille.
Les salariés d'Alteo vont manifester ce jeudi devant le tribunal de commerce de Marseille. © Radio France - Claire Leys

"Tous ensemble pour la survie de notre usine", les syndicats d'Alteo ont réagi très vite, après avoir appris la demande de placement en redressement judiciaire. Ils appellent les 480 salariés et tous les sous-traitants à manifester ce jeudi devant le tribunal de commerce de Marseille, qui doit examiner la situation de l'usine de production d'alumines de spécialité, en manque de trésorerie depuis cet été. Alteo fait face ces derniers mois à un ralentissement de son activité, "lié à une très forte baisse conjoncturelle de son carnet de commandes", détaille la direction de l'usine.

Depuis l'annonce par la direction mardi, un mélange d'angoisse, d'inquiétude et de colère s'est emparé des salariés. "J'ai vu des hommes en larmes, raconte Christine Girodengo, chargée de formation à l'usine et représentante du personnel. Certains ont acheté une maison il y a une semaine avec un endettement maximum. Et là on leur dit qu'ils vont peut-être perdre leur boulot... L'impact psychologique est énorme." Les syndicats ont demandé la mise en place d'une cellule psychologique, pour épauler les salariés dans ce moment douloureux, que personne n'a vu venir. 

Coup de massue 

Les salariés avaient remarqué que le carnet de commandes diminuait depuis l'été (les ventes d'alumine ont chuté de 30% en novembre selon la direction) mais personne n'envisageait un tel scénario. Selon Patrice Schmitt, responsable FO-Cadres, un autre facteur a mis l'entreprise en difficulté. 

Depuis 2012, elle est contrainte d'investir pour respecter les normes environnementales. Alteo a été vivement critiquée pour sa gestion des déchets, rejetés en mer (jusqu'en 2015 selon l'entreprise) et désormais stockés à Bouc-Bel-Air.

Patrice Schmitt, responsable FO-Cadres

Les investissements liés au respect de l'environnement représenteront 10 millions d'euros dans le budget 2020, selon Patrice Schmitt. Les syndicats sollicitent l'aide de l'État pour poursuivre ces aménagements, sans mettre en péril l'usine. Ils souhaitent d'ailleurs être reçus au ministère de l'Économie et par le Premier ministre Edouard Philippe pour trouver des solutions et garantir les emplois. 

Tout un territoire touché 

"Si l'entreprise ferme, ce ne sont pas seulement les 480 salariés d'Alteo qui souffriront, mais toute l'économie du secteur", alerte Harold Perillous, électricien et représentant CGT. Quelque 500 emplois indirects dépendent de l'usine, sans compter les fournisseurs et les clients. 

"Après la fermeture de la mine, la fin de la centrale à charbon, maintenant Alteo, Gardanne risque de devenir une ville-dortoir. Nous ne pouvons pas l'accepter", ajoute Harold Perillous. Les salariés entament une mobilisation pour résister face à ce risque de fermeture. "Mais il ne s'agit pas d'une grève dure, nous ne voulons pas casser l'outil de travail", précise Bruno Arnous, représentant FO. Cette mobilisation commence donc avec un temps fort, ce jeudi à 8h, devant le tribunal de commerce de Marseille.

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