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Économie – Social

Travailleurs détachés : "C'est surtout contre la fraude qu'il faut lutter" estime Jacques Chanut

mercredi 25 octobre 2017 à 8:54 Par Simon De Faucompret et Nicolas Crozel, France Bleu Isère

Jacques Chanut, entrepreneur de Bourgoin et président de la Fédération française du bâtiment, réagissait ce mercredi 25 octobre aux décisions européennes sur le travail détaché. Les ouvriers du bâtiment sont fortement concernés par ce type de contrat, souvent assimilé à de la fraude.

Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment, livre ses éclaircissements sur le travail détaché ce mercredi 25 octobre 2017.
Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment, livre ses éclaircissements sur le travail détaché ce mercredi 25 octobre 2017. © Maxppp -

Grenoble, France

Le statut de travailleur détaché était débattu par les 28 ministres du travail européens en début de semaine, à Luxembourg. Un compromis portant notamment sur la durée du détachement a d'ailleurs été trouvé dans la soirée du lundi 23 octobre. La durée maximale est passée de 24 à 12 mois, avec un renouvellement possible de 6 mois.

"Dans le secteur du bâtiment, le délai moyen de détachement est de 82 jours."

Une avancée relativement limitée selon Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment. "_La notion de délai est important_e", confie-t-il ce mercredi 25 octobre 2017 au micro de France Bleu Isère. "Mais il faut savoir que dans notre secteur, le délai moyen de détachement est de 82 jours. S'il y a une remise à zéro du compteur chaque fois que le travailleur rentre dans son pays d'origine, le délai n'est pas le sujet", objecte-t-il. "L'important, c'est le cumul du nombre de jours sur une période donnée."

Il faut distinguer fraude et travail détaché selon Jacques Chanut, président de la Fédération du bâtiment.

Fraude systématisée ?

Le détachement, qui consiste à employer un travailleur européen en France sans qu'il soit salarié, peine à se détacher d'une réputation illicite. "On interprète toujours le travail détaché comme une fraude", confirme Jacques Chanut. "Il faut arriver à faire reconnaître l'inverse." Le système en lui-même n'a rien de malhonnête, mais a encouragé des actes frauduleux au fil des années. "Nous avons 1,5 million de salariés, et 93 000 détachés déclarés. Mais il y en a tout autant voire plus de non-déclarés", témoigne le président. "C'est un vrai sujet."

Comment donc lutter contre la fraude et éviter l'illégalité ? Jacques Chanut a une réponse bien à lui : la carte d'identité professionnelle pour les travailleurs du bâtiment. Une idée qu'il avait initiée l'an dernier afin de savoir "qui est qui sur un chantier." Le président persiste et signe : "On peut demander sa carte au salarié, scanner le code et savoir immédiatement s'il est déclaré ou non dans la base de données." Un moyen de lutter contre une fraude latente. "C'est carrément mafieux par endroits !" constate-t-il. L’entrepreneur berjallien rappelle par ailleurs, que lorsqu'on emploi chez soi, une personne non-déclarée on est co-responsable avec l'entreprise qui le fait travailler et donc on s'expose à des poursuites judiciaires en cas de contrôle ou d'accident sur le chantier.

Il faut distinguer fraude et travail détaché selon Jacques Chanut, président de la Fédération du bâtiment.