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Jacques Reboh : jouer à huis clos, c'est comme demander à un restaurateur fermé, en plus de préparer à manger

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Par , , France Bleu Isère

Invité de France Bleu Isère en ce mardi où les clubs de sports professionnels et amateurs ont rendez-vous avec Emmanuel Macron, Jacques Reboh, le président des Brûleurs de Loup, le club de hockey-sur-glace de Grenoble.

Jacques Reboh, le président des Brûleurs de loups, en conférence de presse dans le vestiaire du club
Jacques Reboh, le président des Brûleurs de loups, en conférence de presse dans le vestiaire du club © Radio France - Paul Tilliez

Le sport professionnel a rendez-vous avec Emmanuel Macron ce matin pour plaider la cause des clubs amateurs et pros qui sont en danger, notamment les clubs des "petits" sports de salle moins médiatisés que le foot par exemple, comme le hockey qui n'a pas de droits télé. Pour qu'on comprenne bien, vous êtes dans quelle situation vous, aux Brûleurs de Loup ?

Vous l'avez compris notre modèle économique n'est le même que celui des grands sport comme foot ou le rugby. Le hockey est un sport qui vit en autonomie avec son public et n'a pas d'autre ressource que la billetterie. Et donc vous pouvez imaginer, une entreprise qui n'a aucun chiffre d'affaires depuis le début de la saison souffre et tremble en voyant les jours s'égrener et aucune solution à venir. 

Vous dites aucun chiffre d'affaires car avant même le confinement vous jouiez à huis clos donc sans billetterie ?

C'est exactement, ça nous n'avions aucun revenu depuis le début de saison. Et pour être plus précis depuis mars dernier où nous avons dû interrompre la saison et nous n'avons plus joué aucun match. 

Qu'est-ce que vous attendez de ce rendez-vous avec Emmanuel Macron ?

Dans un premier temps de la considération, d'être compris et d'être écouté. Quand nous avons entendu les déclarations de notre ministre en charge des sports, elle avait l'air tellement loin des réalités, il nous semblait que le parcours pour arriver à une solution semblait très très loin. Donc on attend  d'être compris. Et ensuite des solutions adaptées à notre situation catastrophique.

Quand on parle de 107 millions d'euros pour tous les sports, c'est  loin d'être suffisant à votre avis ?

Oui, j'ai l'esprit négatif en ce moment. Et 107 millions ça me paraît ridicule par rapport aux enjeux. Surtout si vous intégrez le foot et le rugby, il restera juste quelques petits sous pour les clubs comme nous. Pour nous, chaque match qui n'est pas joué, c'est entre 80 000 et 100 000 € de pertes. Donc imaginez cette somme dupliquée avec le basket, le hand, et d'autres sports. ... 

Le championnat est interrompu pour un moment. Est-ce que vous plaidez pour une reprise rapide ?

Ça ne sert à rien de reprendre. C'est comme un restaurateur qui est fermé à qui vous demandez en plus de préparerà manger et de servir tout le monde. Cela devient ridicule. Nous on ne veut pas engager des frais, parce que quand on joue, on engage des frais. Donc laissez-nous ne pas jouer et trouvez une solution. Et on reviendra après avec un moral de guerrier pour aller en découdre. 

Quelle est la jauge qui pourrait être acceptable économiquement quand le virus circulera moins ?

Nous avons 4200 places, nous faisons venir 110 000 personnes par an en saison classique. Les modèles, les projections que j'ai envisagés nous permettrait d'avoir un équilibre jusqu'à la fin de saison avec 1200 1300 personnes avec les normes de sécurité adaptées. Nous avons fait un énorme travail sur les règles sanitaires. Nous sommes le seul club à avoir un agrément AFNOR. Nous avons des procédures extrêmes c'est-à-dire envisager des cellules de 400 à 500 personnes qui ne se croiseront jamais, qui partiront avec un un horaire décalé,  des distances de sécurité adaptées. On a fait tout ce qu'on pouvait faire aujourd'hui. On a des centaines de litres de gel. Le matériel est là, stocké. Tout ça est prêt pour accueillir 1200 personnes sur 4000 places.

Que font les joueurs en ce moment ?

On parle beaucoup des joueurs mais je voudrais avoir une pensée pour l'ensemble du staff administratif. J'ai 10 collaborateurs qui sont dans les starting-block, qui n'ont pas de travail et qui tournent, qui tournent et qui dépriment. Ils ont un sentiment équivalent de celui des joueurs. Les joueurs n'ont aucune visibilité mais ce sont des vrais professionnels et ils travaillent tous avec des feuilles de route pour rester en forme. Ils ne s'entrainent pas, mais ils ont des accès libres à la patinoire pour qu'ils continuent à glisser. Comment faire s'entraîner des gars en leur disant vous jouez dans 15 jours, ou dans trois semaines, dans un mois, dans deux mois, et peut-être que la saison est terminée  ? Ils ont un entraînement dirigé par semaine et le reste du temps ils vaquent à leurs occupations. Et souvent pour les étrangers il tombe tout seul dans l'appartement

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