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Économie – Social

Jean Besnard, mareyeur à Lorient, sur le Brexit : "pour moi, il est impossible de se passer des volumes pêchés là-haut"

mercredi 13 mars 2019 à 20:19 Par Benjamin Bourgine, France Bleu Breizh Izel et France Bleu Armorique

Les pêcheurs sont évidemment à l’affût de la moindre nouvelle concernant le Brexit, mais ils ne sont pas les seuls. Les mareyeurs aussi ont du souci à se faire. Exemple avec l'entreprise Moulin Marée de Lorient Keroman.

Jean Besnard, de l'entreprise Moulin Marée
Jean Besnard, de l'entreprise Moulin Marée © Radio France - Benjamin Bourgine

Lorient, France

Jean Besnard garde le sourire et son flegme, mais il en convient la situation est plus que sérieuse : "ne pas être inquiet serait une grave faute professionnelle". Chaque nouveau vote des parlementaires à Londres amène un peu plus de flou. Néanmoins, il préfère attendre, encore, avant de prendre la moindre décision. Il a 24 salariés dans son entreprise, et il subit les événements, comme tout le monde.

Attendre avant de paniquer

"Plutôt que de commencer à paniquer, on va attendre d'avoir toutes les informations. On ne sait pas du tout à quelle sauce on va être mangé". Si on retire du jour au lendemain la partie du stock en provenance des eaux britanniques, ça donne quoi ? "Dans mon stock, et pas que dans le mien, c'est très lourd de conséquence. C'est le pire des scénarios, et je pense que des mesures seront prises pour empêcher cela. Pour certains c'est entre 50 et 60 % de leur activité".

Sur le port de pêche de Keroman - Radio France
Sur le port de pêche de Keroman © Radio France - Benjamin Bourgine

Où pêcher ? Peu de solutions... 

Et imaginer d'autres provenances ? "Je ne saurais même pas où aller les chercher ! Est-ce que les bateaux français vont être toujours autorisés à pêcher dans les eaux britanniques ? Est-ce qu'il y aura des nouveaux quotas ou un système de taxes ?" Incertitude complète. Sauf sur un point :  "Pour moi, il est impossible de se passer des volumes pêchés là-haut. Aujourd'hui, chaque structure de mareyage est prévue pour travailler un volume spécifique par mois. Si on nous enlève du jour au lendemain ces approvisionnements, il est clair et net que personne ne peut tenir". 

Jusque-là, ça marchait bien pour nous et pour les britanniques ! Jean Besnard

Que faire de ces bateaux conçus dans ce modèle européen ?

"L’Irlande peut être une solution de repli, mais pas pour tout le monde. La nature ne peut donner que ce qu'elle a. Les bateaux sont aussi conçus pour aller chercher un certain volume de poisson, aujourd'hui défini par les quotas. Envoyer tous les bateaux dans d'autres zones ? Je ne l'imagine même pas, les conséquences seraient trop lourdes."

Rester à la veille, en attendant la fin du mauvais temps

Alors comment faire pour anticiper ? Finalement chaque professionnel doit être comme un bon marin, à la veille sur le pont et ne rien laisser passer. "On essaye de récolter les premières informations. Sur les droits de douane, on serait peut-être entre 6 et 8%. Ce qui est déjà très fort sur le prix d'une matière première comme le poisson. Mais c'est très difficile d'anticiper plus. On essaye de demander à nos clients ou à nos navires leurs propositions de repli, mais en fait tout le monde attend d'avoir plus d'informations, pour que le moment venu on soit capable de proposer des solutions".