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Santé – Sciences

Joué-lès-Tours : un projet de maison médicale pour répondre à la pénurie de médecins à La Rabière

mardi 8 janvier 2019 à 6:26 Par France Bleu Touraine, France Bleu Touraine

Une nouvelle maison médicale est en cours de projet. Son ouverture est espérée d'ici deux à trois ans à la Rabière à Joué-lès-Tours. Le quartier connaît une pénurie de médecins. Il n'y en a aucun pour les 6.000 habitants.

Illustration.
Illustration. © Maxppp - Jean François Ottonello/Nice Matin

Joué-lès-Tours, France

Une nouvelle maison médicale est en cours de projet pour d'ici 2 à 3 ans dans le quartier de la Rabière à Joué-lès-Tours. Le dernier médecin généraliste est parti à la retraite en septembre et n'a pas trouvé de successeur. 6.000 habitants se retrouvent sans aucun médecin alors qu'en Indre-et-Loire il y a environ un médecin pour 1.000 habitants. Les déserts médicaux gagnent aussi les villes, et ce quartier en zone urbaine sensible est fortement touché par cette pénurie.

Le problème devrait être réglé d'ici deux à trois ans explique Frédéric Augis. "Nous avons demandé de l'aide" explique le maire de Joué-lès-Tours. "Ce serait un mensonge de vous dire que tout va bien et que tout est ficelé. Mais aujourd'hui il y a une volonté. Le gouvernement à travers la préfecture nous soutient financièrement". 

Nous sommes en train de créer une structure médicale au cœur du quartier pour pouvoir avoir demain des médecins. Aujourd'hui, nous sommes en recherche de médecins généralistes et d'un pédiatre qui pourraient venir s'installer dans le quartier de La Rabière. Frédéric Augis, maire de Joué-lès-Tours

Sandrine habite à La Rabière et ressent le vide que le médecin a laissé. "C'étaient des médecins qui étaient impliqués dans leur métier et à l'écoute. Du jour où ils sont partis nous étions un peu dans l'embarras. Cela lèse les gens du quartier. Il y a des personnes qui ne peuvent pas se déplacer, en mobilité réduite ou des personnes âgées. C'est limite s'il ne faut pas prévoir d'être malade à l'avance".

Les déserts médicaux menacent dorénavant les villes

"Un cabinet médical avec un seul médecin qui ne trouve pas de successeur est une problématique que l'on retrouve partout. On s'est beaucoup intéressé aux zones rurales. Moi ça fait plusieurs années que je dis que le problème va se poser aussi en ville" explique le docteur Philippe Paganelli, Président du Conseil de l'Ordre des médecins de l'Indre-et-Loire. "Il y a toute une génération de médecins qui ont 60 ans et plus qui vont partir à la retraite et ne seront pas remplacés. Nous sommes en train de gérer la pénurie de médecins, nous n'allons pas trouver du jour au lendemain des médecins qui vont aller s'installer. Donc il faut que les conditions soient favorables pour les médecins." 

Aujourd'hui le problème est dans l'organisation avec des maisons médicales avec plusieurs médecins. Car "un jeune médecin ne s'installera pas tout seul dans un quartier quel qu'il soit. C'est le problème de la structure dans lequel va aller exercer le médecin." 

Si à La Rabière il y a une maison de santé qui s'installe avec des conditions favorables et avec plusieurs médecins alors je pense que nous trouverons une solution. Il faut trouver plusieurs médecins, et ça c'est autre chose. Le docteur Paganelli, président du Conseil de l'Ordre des médecins d'Indre-et-Loire

Le défi réside donc maintenant de remplir cette maison médicale. Car les médecins sont de vrais piliers pour les quartiers, notamment de zones urbaines sensibles.

Le médecin, pilier social pour un quartier

L'association de prévention socio-éducative du quartier se retrouve dépourvue de soutien médical. La directrice Béatrice Le Hegarat insiste sur le besoin social que représente un médecin de quartier. "C'était un lien essentiel qui a traversé les générations dans la connaissance du quartier". "C'est important parce que nous savons combien ce quartier ressent la précarité donc les souffrances ne sont pas forcément les mêmes, les crises familiales non plus. Il y a un lien atypique et spécifique avec les habitants qui était très intéressant". Elle ajoute qu'aujourd'hui "ce type d'accompagnement qui est important sur le quartier fait qu'on est dépourvu de solutions "immédiates" avec un avis médical. Nous sommes obligés d'appeler les pompiers ou d'emmener les personnes aux urgences. Eux étaient des liens forts au niveau des habitants."

En attendant les nouvelles solutions engagées par la municipalité, les habitants s'adaptent comme ils peuvent. La fin du numerus clausus en 2020 dans les formations en médecine fera augmenter le nombre de médecins, mais pas avant 2030 voire 2035, le temps de les former.