Économie – Social

Joué-les-Tours : licenciements abusifs reconnus pour 57 anciens salariés de Michelin

Par Yohan Nicolas, France Bleu Pays d'Auvergne, France Bleu Touraine et France Bleu lundi 19 décembre 2016 à 17:01 Mis à jour le lundi 19 décembre 2016 à 17:23

Manifestation des salariés devant le site de Joué-les-Tours, en octobre 2013
Manifestation des salariés devant le site de Joué-les-Tours, en octobre 2013 © Maxppp - Patrice Deschamps

Le Conseil des Prud'hommes de Tours a donné raison à 57 anciens salariés de l'usine Michelin de Joué-les-Tours qui contestaient leur licenciement. Le manufacturier a été condamné à leur verser 1,3 million d'euros.

L'audience au Conseil des Prud'hommes de Tours s'était tenue le 22 septembre dernier. Au cours des débats, l'avocate des 57 salariés licenciés (168 licenciements au total), Maître Marsault, avait expliqué que le rapport d'expertise justifiant la fermeture du site, il y a deux ans, ne démontrait pas les périls de compétitivité au moment du plan social. D'ailleurs le Conseil des Prud'hommes, dans sa délibération, estime "qu'un groupe de dimension mondiale ne doit pas être cantonné au secteur d'activité européen et que les informations limitées à ce secteur rendent le licenciement sans cause réelle et sérieuse"

L'annonce du plan social, effectué en juin 2013, était en effet justifié à l'époque par une baisse des ventes sur le marché des poids-lourds, et une surproduction européenne. Le 18 décembre 2014, Michelin sortait don dernier pneu de l'usine de Joué-les-Tours, entraînant 706 suppressions de postes.

En d'autres mots, Michelin n'avait aucune obligation de fermer l'usine, si ce n'est pour "satisfaire les actionnaires" selon la CGT qui met en avant les bénéfices records en 2015 de 1,16 milliards d'euros

Ce n'est pas un licenciement économique, c'est un licenciement boursier pour satisfaire les actionnaires. Claude Guillon, ancien délégué CGT de Michelin à Joué-lès-Tours

"Les entreprises qui ne se réorganisent pas vont dans le mur" s'était défendu l'avocat de Michelin en septembre dernier. "La pression concurrentielle justifiait ces licenciements" selon lui. Depuis, le site a été entièrement démantelé.

Les salariés vont toucher selon l'ancienneté entre 11.300 et 45.000 euros

Le Conseil des Prud'hommes a donc donné raison aux 57 salariés de Michelin, et a reconnu un licenciement abusif. Le manufacturier devra donc verser au total plus de 1 million 300.000 euros aux anciens "Bibs", soit entre 11.300 euros et 44.900 euros par salarié en fonction de l'ancienneté. Pour l'instant, l'avocat de Michelin ne précise pas si le groupe envisage de faire appel du jugement.