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Jouets de Noël : "pas de pénurie" mais des ruptures, des retards et parfois des hausses de prix à prévoir

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La pénurie mondiale de matières premières, la rareté des containers pour faire venir les marchandises d'Asie et l'augmentation du coût des transports risquent de provoquer des retards de livraisons, voire des manques de disponibilité pour certains jouets de Noël. Leur prix pourrait aussi augmenter.

Des retards de livraison sont à prévoir dans les rayons des magasins de jouets cette année. Des retards de livraison sont à prévoir dans les rayons des magasins de jouets cette année.
Des retards de livraison sont à prévoir dans les rayons des magasins de jouets cette année. © Maxppp - Vanessa MEYER

"Oui, il y aura des jouets sous le sapin", rassure d'emblée Franck Mathais, le porte-parole de Joué Club. Mais cette année, "ils ne seront peut-être pas tous disponibles au moment où les clients voudront les acheter", prévient-il.

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Alors que les pénuries de matières premières stoppent des chantiers de construction, ralentissent l'industrie automobile et empêchent les livraisons ou la fabrication de nombreux produits partout dans le monde, l'inquiétude grandit à l'approche des fêtes de Noël. Sans parler de pénurie pour le moment, les professionnels du secteur du jouet sont confrontés à des problèmes de logistique et à des surcoûts de transports, et reconnaissent que des retards sont probables cette année. Pour Philippe Gueydon, le directeur général du groupe King Jouet, ces contraintes auront même un impact sur les prix, autour de 3% d'augmentation.

A quelques jours de la publication des catalogues de Noël, la pression monte

Si Franck Mathais, le porte-parole de Joué Club, se veut rassurant, il reconnaît des contraintes inédites : "57% des jouets français viennent d'Asie, en cargo", explique-t-il. Alors que les containers se font rares, "il y a donc une mobilisation et une attention particulières pour que ces jouets arrivent en temps et en heure, avant le 25 décembre." Le calendrier est d'autant plus serré que le catalogue des jouets de Noël est distribué début octobre, dans les tout prochains jours : "Les enfants vont commencer à faire la liste au Père Noël. Et là, il faut être prêt. Il faut avoir la marchandise avant que les clients arrivent", rappelle-t-il.

Pour s'assurer d'avoir la marchandise en stock, Joué Club a dû, particulièrement cette année, anticiper davantage ses commandes auprès des fabricants : "On a dû faire rentrer la marchandise plus tôt", explique Franck Mathais. "Et on est en permanence derrière nos fournisseurs pour s'assurer d'être livré à temps." D'autres distributeurs, qui s'y prennent plus tard, "vont avoir des retards de livraisons, c'est certain", observe-t-il. Le secteur n'est pas non plus à l'abri des imprévus : "il suffit d'un équipage de cargo qui a le Covid, et et on peut avoir des décalages importants", confie-t-il.

Rattrapage après le Covid, tension sur les matières premières et containers chers

Olivier Dauvers, spécialiste de la consommation et du secteur de la grande distribution, voit trois explications à ce phénomène : "La première, c'est que pendant des mois, la Chine, qu'on appelle l’usine du monde, a été très perturbée par le Covid", rappelle-t-il. "La capacité de production a été arrêtée, et il faut un certain temps pour revenir à la normale et refaire les stocks de produits".La deuxième explication, "c'est la concurrence des matières premières", explique-t-il. "Certaines matières sont utilisées pour plein de produits finis différents. Un fournisseur peut par exemple produire un composant qui sera utilisé à la fois pour des masques et pour des déguisement de poupées, poursuit -il. "Au moment d'arbitrer, le vendeur de matière première va vendre à celui qui paye le mieux. Et comme il y a une demande très forte sur les masques, il va vendre au fabricant de masques, qui va le payer plus cher."La troisième explication donnée par l'expert concerne la capacité de transport des produits, qui n'est toujours pas revenue à la normale depuis la crise du Covid. La plupart des jouets, fabriqués en Asie, arrivent en France par container. "Et on est toujours en dessous des capacités logistiques, avec moins de containers sur la mer", poursuit l'expert. Il souligne que cette pénurie de containers est, paradoxalement, "peut-être organisée par les affréteurs de cargo, qui sont soupçonnés de spéculer pour maintenir des prix hauts".
 

Des retards ou indisponibilités dans les rayons

"Oui, il y aura des retards sur certains produits", confie le porte-parole de Joué Club. Les jouets ne seront pas forcément dans votre magasin habituel quand vous irez les acheter, il faudra peut-être aller dans un autre magasin ou revenir quelques jours plus tard". 

On a un niveau de rupture aux alentours de 20% - Philippe Gueydon, directeur général de King Jouet

Même problématique chez King Jouet : "On a un niveau de rupture aux alentours de 20%", a dit Philippe Gueydon, le directeur général du groupe, sur France Bleu Isère le 22 septembre . "Des références, donc des jouets devraient arriver avec un peu de retard, quinze jours, trois semaines, un mois. Et bien sûr qu'il faut arriver à accélérer le rythme de réception de marchandises", a-t-il reconnu.

Les jouets avec des composants électroniques plus touchés

Les jouets qui comportent des composants électroniques sont plus durement touchés, a également expliqué Philippe Gueydon, de King Jouet. "On a pas mal de jouets aujourd'hui qui ont des composants électroniques. Ça peut être pour faire une petite cuisine pour les enfants, les jouets d'imitation. Il y a une petite composante qui fait le bruit, qui imite l'eau qui bouge dans la casserole. Ce n'est pas grand-chose en soi. Mais cette composante est actuellement en rupture et du coup, le fabricant ne veut pas livrer sa cuisine".

Dès que la liste au père Noël est faite, il faut commencer à les acheter - Franck Mathais, porte-parole de Joué Club 

Inutile d'espérer avoir plus de chance en passant par internet, selon Franck Mathais, de Joué Club. "Les vendeurs en ligne s'y prennent souvent à la dernière minute, donc ils risquent d'avoir moins de stock", prévient-il. "Mais au final, vous allez trouver vos jouets." Son conseil ? Anticiper : "Dès que la liste au père Noël est faite, il faut commencer à les acheter".

Des jouets plus chers cette année ? 

Le porte-parole de Joué Club explique aussi que certains vendeurs vont répercuter la hausse du coût du transport. Pas son groupe. "Si le prix du jouet n'est pas à un bon prix pour le consommateur, on prendra sur nos marges", promet -t-il. Du côté de King jouet, "le tout va avoir un impact sur les prix", a confié son directeur général à France Bleu Isère. "Aujourd'hui, on peut l'estimer aux alentours de 3%. Certains parlent de 5%. Sachez que King Jouet va tout faire pour limiter l'impact, ce  sera plutôt 3%. Pour mettre les choses en perspective, le prix moyen d'un jouet annuel, c'est 30 euros, dont 3%, c'est à peu près 1 euro. Ce n'est pas rien, mais ce n'est pas ça qui va mettre à mal le budget des Français sur la fin d'année", a-t-il estimé. Chaque année, plus de 100 millions de jouets sont vendus en France pour Noël.

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