Économie – Social

Jura : l'entreprise de lunetterie Logo risque la fermeture, 220 emplois menacés

Par Olivia Chandioux, France Bleu Besançon et France Bleu mardi 20 septembre 2016 à 16:19

Les produits LVMH représentaient 97% du chiffre d'affaires de l'entreprise.
Les produits LVMH représentaient 97% du chiffre d'affaires de l'entreprise. © Maxppp - Philippe Trias

LVHM n'a pas renouvelé les contrats de licence avec l'entreprise Logo. Ces contrats représentaient 97% du chiffre d'affaires de l'entreprise qui risque donc la liquidation judiciaire. Le site de production de Morez dans le Jura est menacé de fermeture, ce qui condamnerait les 220 salariés.

Le lunetier Logo installé à Morez dans le Jura craint la liquidation judiciaire. Ce mardi, une marche silencieuse a rassemblé 300 personnes dans les rues de Morez en soutien aux 220 salariés du site jurassien qui risquent de perdre leur emploi. Si l'entreprise se trouve en difficulté aujourd'hui, c'est qu'elle a perdu les contrats de licence des marques Fred et Tag Heuer, qui font partie du groupe LVMH. Depuis une vingtaine d'années, Logo travaillait presque en exclusivité pour ces deux marques. La fabrication des produits Fred et Tag Heuer représentait 97% du  chiffre d'affaires de l'entreprise : 40 millions d'euros en 2015.

 L'entreprise Logo se sent totalement abandonnée par LVMH " - Me Semerdjian, avocat de la société

"C'est un énorme coup dur. L'entreprise Logo se sent totalement abandonnée par LVMH. Il faut rappeler que la relation entre LVMH et le groupe Logo durait depuis plus de vingt ans. La conséquence est relativement simple et excessivement triste : c'est tout simplement la fin de l'activité économique, donc le licenciement", souligne Me Renaud Semerdjian, l'avocat de la société Logo. Logo a été placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce au mois de mai dernier. Pour le moment, aucun dossier de reprise n'a été déposé, un nouveau délai a donc été fixé au 4 octobre.

Un nouvel Alstom ?

Me Semerdjian est très pessimiste quant à des repreneurs potentiels : "A partir du moment où le groupe LVMH a décidé de ne plus produire en France, il semble que l'intérêt d'un tel site de production, devient quasiment nul pour toute entreprise qui souhaiterait investir." La perspective de la fermeture du site de production et de la suppression de 220 emplois n'est pas sans rappeler le cas de l'usine d'Alstom à Belfort. Le maire de Morez, Laurent Petit (divers droite) espère que le gouvernement prendra ses responsabilités : "Quand je vois que pour Alstom, il y a eu le président de la République, le Premier ministre et puis cinq ministres qui sont montés au créneau, et bien j'espère qu'ils vont montrer qu'ils sont capables de le faire aussi pour d'autres productions locales et du savoir-faire qui est bien français."

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