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Économie – Social

Jusqu'à 40 personnes dont des enfants dorment dans la rue faute de place la nuit à Belfort

mardi 1 novembre 2016 à 6:00 - Mis à jour le mardi 1 novembre 2016 à 7:27 Par Hugo Flotat-Talon et France Bleu, France Bleu Belfort-Montbéliard et France Bleu

La trêve hivernale débute ce 1 novembre. Il est impossible d'expulser un locataire de son logement jusqu'au 31 mars. Un peu de répit alors que le nombre de renvois a déjà augmenté, que les centres d'accueils de jour de SDF sont pris d’assaut et que les places d'hébergements d'urgences manquent.

Travailleurs sociaux et bénévoles accueillent jusqu'à cent personnes chaque jour au centre de jour de l'Armée du Salut à Belfort.
Travailleurs sociaux et bénévoles accueillent jusqu'à cent personnes chaque jour au centre de jour de l'Armée du Salut à Belfort. © Radio France - Hugo Flotat-Talon

Belfort, France

Cinq mois de répit pour les ménages les plus en difficulté. Depuis ce matin et jusqu'au 31 mars, il est impossible d'expulser un locataire de son logement. Des renvois qui sont en hausse cette année. Plus 24% au niveau national. Il y en a eu près d'un millier à Montbéliard, dans le Territoire de Belfort et en Haute Saône. Les centre d'accueils de jour pour sans domicile fixe sont du coup pris d'assaut. "Ici nous recevons entre 50 et 100 personnes chaque jour, du lundi au vendredi", explique un travailleur social du centre d'accueil de jour de l'Armée du Salut à Belfort. Autour de lui, dans le local de la rue de l'As de Carreau, des personnes seules mais aussi des couples ou des familles entières, avec parfois des enfants très jeunes.

Ceux qui sont accueillis chaque jour viennent prendre une douche, laver leurs habits, boire un café, manger ou simplement se réchauffer. "Il y a des familles qui sont là en attendant l'étude de leur demande d'asile, des gens de la région, seul ou en famille. C'est assez compliqué, on a même des enfants", explique Julien, à l'accueil. Derrière lui, un homme boit un café. Á près de 50 ans Hassim a travaillé jusqu'à il y a deux ans. "Mais j'ai perdu mon permis pour de petits excès de vitesse. Du coup plus de voiture, plus de travail, je n'ai plus rien", raconte-t-il. Son plus grand souhait ? "Ne plus dépendre des autres, j'aimerais retrouver au moins un CDD."

Dans le centre, Hossman est aussi de passage cet après-midi. Ce jeune Soudanais a fui la guerre et attend la réponse à sa demande d'asile. "Ici je peux parler avec ceux qui veulent bien, j'apprends le français comme ça," explique-t-il dans un mélange d'anglais et de français. Ce soir il ne sait pas où il dormira. "Nous n'avons pas de place pour tout le monde, on refuse jusqu'à 40 personnes chaque nuit.**", raconte Christelle Fuster, chef de service dans l'association. C'est deux fois plus que l'an dernier à la même période.** "Regardez là, le couple, il n'ont même pas trente ans. Et il y a des gamins aussi !", montre Daniel, un bénévole. "On est la cinquième puissance du monde et on ne peut pas mettre ces gens à l'abri ? Même les animaux sont mieux traités, il ont la SPA pour les défendre !", s'énerve-t-il. D'ici une semaine, une quarantaine de places supplémentaires pourraient être ouvertes pour l'hiver. "Pas sûr que cela suffise à loger tout le monde", confie Christelle Fustère.