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Économie – Social
Dossier : General Electric dans le Territoire de Belfort

"On l'a pris sur la tête" : les salariés de General Electric à Belfort "assommés" par les suppressions de postes

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Besançon, France Bleu

Les salariés de General Electric à Belfort se disaient ce mardi, "stressés", "surpris" et "déçus", après les annonces de la direction sur un plan de suppressions de plus de 1.000 postes dans la branche turbines à gaz de GE, et au sein des fonctions support.

Le site General Electric de Belfort.
Le site General Electric de Belfort. © Radio France - Bastien Munch

Belfort, France

Ils ont accepté de témoigner au micro de France Bleu Belfort Montbéliard. Ce mardi après-midi, devant la Porte de la Découverte, principal accès aux usines de GE Belfort, avenue de l'industrie, quelques salariés ont accepté de s'exprimer. Entre inquiétude et déception, ils disent leur désarroi face à l'ampleur du plan social annoncé, l'un des plus importants ces dernières années en France.

L'entité turbines à gaz de Belfort - qui emploie 1.900 des 4.300 salariés General Electric de Belfort - pourrait perdre jusqu'à 792 postes. 252 postes seraient également supprimés dans les fonctions supports (informatique, comptabilité).

Gérard, 55 ans, travaille dans la branche gaz

"Oui ça me pose un petit peu des soucis... parce que j'ai des enfants, j'ai plus de 55 ans, qu'est-ce qui va se passer ? Comment je vais rebondir ? Est-ce que je ne vais pas rebondir du tout ? J'en sais rien... On avait beau s'y attendre, comme on dit, on l'a pris sur la tête".

"J'ai des enfants, j'ai plus de 55 ans... qu'est-ce qui va se passer ?"

"Sur le coup ça fait mal, maintenant il faut attendre un petit peu (...) pour l'instant, c'est le flou artistique, on a un chiffre par rapport au nombre d'employés, ça fait une grosse partie de l'effectif, c'est énorme (...) il faut essayer de digérer, je ne sais pas du tout comment ça va évoluer, il faut laisser décanter".

Laurent, 30 ans d'ancienneté chez GE Belfort

"Moi je l'ai appris sur mon téléphone, par franceinfo (...) malheureusement on s'y attendait... mais on ne s'attendait quand même pas à 1.050, on s'attendait plutôt à 800 postes, donc maintenant, il va falloir faire avec quoi..."

"Malheureusement on s'y attendait... mais ça met un coup"

"C'est vrai que ça met un coup... les gens c'est leur boulot, c'est leur gagne-pain, c'est pas évident, ça stresse un peu tout le monde... les jeunes qui viennent d'être embauchés, c'est pareil, ils ont beaucoup d'investissements sur les bras... c'est comme ça..."

Patrick, ingénieur chez GE Belfort

"Pour nous tous, c'est vraiment un coup de masse, on espérait tous moins que les 800 annoncés (...) il y avait un déni, je pense, de la part des salariés, chacun se disait, 'oui, mais ce qu'ils annoncent, c'est pas vrai, moi je ne serais pas touché'... et aujourd’hui on s'aperçoit que tout le monde peut être touché... Pour le moment, on est tous dans la réflexion 'qu'est-ce qu'on va faire ? qu'est-ce qu'on va devenir ?"

"Pour nous tous, c'est vraiment un coup de masse... on s'attendait à moins"

"On pense à nos collègues qui sont jeunes aussi... à certains qui vont peut-être profiter d'un départ anticipé en retraite (...) c'est la déception, la déception... on avait une entreprise qui marchait bien, un cœur de métier, des spécialités mondiales, Belfort est encore un centre d'excellence... et là d'un coup, on balaye tout d'un revers de la main".

Je ressens la honte, j'ai la haine"

"Je ressens la honte, je ressens du mépris, j'ai la haine, j'ai tout ce que vous voulez", dit Arnaud, 50 ans, un autre employé de l'entité turbines à gaz, interrogé par nos confrères de l'AFP. "Aujourd'hui j'ai 50 ans, j'ai encore un crédit sur le dos et (...) je vais me retrouver au chômage. Je vais encore trimer pendant dix ans, douze ans, jusqu'à ma retraite, c'est la honte", poursuit-il.

Sébastien, lui, ne travaille pas dans l'entité gaz mais dans un secteur visé par une procédure de rupture conventionnelle collective (RCC) lancée en début d'année par GE dans sa division énergie. Il se dit "surpris par la rapidité de l'annonce après l'élection européenne", au surlendemain du scrutin, et avance, un brin résigné, que "tout était préparé et négocié d'avance" entre le gouvernement et General Electric.

"On est assommé", souffle Thierry qui redoute les conséquences de ces suppressions de postes sur la ville de Belfort : "Avec ces départs, les commerçants vont souffrir". Depuis que l'hôpital a quitté la ville en 2016 pour s'installer en périphérie, "les commerçant ont (déjà) noté une baisse d'activité", déclare Thierry, toujours auprès de l'AFP. "On est dans une guerre économique avec les Etats-Unis, c'est un acte de guerre", assène-t-il, disant redouter qu'à terme "tout ne soit ramené aux Etats-Unis" où se trouve le siège de GE.

Dans un message interne, dont l'AFP a pris connaissance, la direction du site annonce des "mesures d'accompagnement social et psychologique" pour les salariés comme la création de "groupes de parole".

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