Économie – Social

L'activité du marché Saint-Charles freinée par l'Europe

Par François Desplans, France Bleu Roussillon vendredi 25 avril 2014 à 16:01

L'entrée du marché Saint-Charles International
L'entrée du marché Saint-Charles International © Radio France - François Desplans

Les responsables du marché Saint-Charles International basé à Perpignan sont inquiets. En cause, un règlement européen qui vise à modifier le prix d'entrée des fruits et légumes produits hors de l'Union européenne. Le marché craint une baisse de 50% de son activité sur les tomates marocaines.

C'est une disposition prise à Bruxelles qui inquiète les responsables du Marché Saint-Charles International. A partir du 1er octobre 2014, "le mode de calcul du prix d'entrée des fruits et légumes produits hors Union européenne va être modifié. Au lieu de s'appuyer sur la valeur réelle des produits sur un marché entreprise par entreprise, on va avoir un système forfaitaire qui va se mettre en place, basé sur l'observation des prix sur 49 marchés de l'Union Européenne" précise Georges Jordan, le patron de Saint-Charles International.

"La montée en puissance et l'attractivité de St-Charles est contrariée par Bruxelles" (Georges Jordan, DG de Saint-Charles International)

Conséquence : tous les produits en provenance des pays extérieurs à l'Union Européenne vont être moins compétitifs . A Saint-Charles, on pense immédiatement à tous les fruits et légumes origine Maroc. Essentiellement les tomates marocaines. Avec 400.000 tonnes qui transitent chaque année par Saint-Charles, elles représentent près du quart de l'activité du marché . Selon ses responsables, à l'avenir, cette activité liée au Maroc pourrait baisser de 50%. 

Résultat, selon Georges Jordan, "Saint-Charles va avoir du mal à attirer de nouvelles entreprises marocaines. Il y en a cinq aujourd'hui. Quant aux importateurs qui traitent avec le Maroc, ils vont devoir eux aussi réduire la voilure". Impossible pour l'instant de chiffrer les conséquences sociales de ce texte européen, mais il y aura forcément un impact sur l'emploi. Saint-Charles représente aujourd'hui 2.000 emplois directs et 5.000 emplois indirects.

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Large satisfaction des producteurs locaux

A l'inverse, les producteurs locaux voient d'un très bon oeil cette nouvelle réglementation européenne. Car ils subissent depuis des années la concurrence des produits du Maghreb, Maroc en tête. En 10 ans, la production de tomates a été divisée par trois dans le Roussillon.

Selon Bruno Vila, secrétaire général de la FDSEA, la concurrence n'est pas équitable avec le Maroc. Là-bas, la main d’œuvre est payée 7 euros par jour contre 12 euros de l'heure en France. Ce texte européen pourrait donc rendre les tomates françaises plus compétitives pour regagner des marchés.

Marché St Charles PAF

Pour Georges Jordan, la question de la concurrence des tomates marocaines est un faux problème. "La saison de la tomate marocaine ne correspond pas vraiment à celle de la tomate française. Elles ne sont donc pas en concurrence frontale pour leur commercialisation. Au contraire des tomates belges et hollandaises qui arrivent en début d'été".

Pire, selon Georges Jordan, ce texte pourrait venir contrarier les futurs échanges commerciaux avec le Maroc. Un vrai danger, car le marché marocain doit offrir de nouveaux débouchés pour les produits du Languedoc-Roussillon et constituer une sorte de tête de pont pour irriguer le marché africain. Mais cette réglementation européenne pourrait venir tout remettre en cause.

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