Économie – Social

La métropole et la chambre de commerce et d'industrie de Rouen reprennent l'aéroport Rouen Vallée de Seine dès mars 2017

Par Clémentine Vergnaud, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) mardi 14 février 2017 à 7:00

A partir du mois de mars 2017, l'aéroport de Rouen Vallée de Seine sera repris par la métropole Rouen Normandie et la chambre de commerce et d'industrie Rouen Métropole.
A partir du mois de mars 2017, l'aéroport de Rouen Vallée de Seine sera repris par la métropole Rouen Normandie et la chambre de commerce et d'industrie Rouen Métropole. © Maxppp - Christian Cariat

La métropole Rouen Normandie et la chambre de commerce et d'industrie Rouen Métropole vont reprendre la gestion de l'aéroport Rouen Vallée de Seine à partir de mars 2017. L'objectif est de remettre en place des lignes régulières en plus des vols d'affaires et médicaux qui rythment le tarmac.

A partir du mois de mars 2017, l'aéroport de Rouen Vallée de Seine change de main. Géré depuis 2010 en délégation de service public, d'abord avec la SNC Lavalin puis Edéis, il sera désormais administré en régie par la métropole Rouen Normandie et la chambre de commerce et d'industrie (CCI) Rouen Métropole qui vont former un syndicat mixte. L'objectif est de relancer l'attractivité et la rentabilité avec notamment le retour des lignes régulières.

Le retour des lignes régulières

C'est une réalité depuis une quinzaine d'années : le trafic est en chute libre sur le tarmac de Rouen Vallée de Seine. La faute notamment à la disparition des lignes régulières. Désormais, ne circulent à Rouen que les vols d'affaires ou des urgences médicales, comme des rapatriements sanitaires ou des transports d'organes pour des greffes. Le problème, c'est que les frais, eux, sont toujours bien présents : 1 million d'euros sont consacrés chaque année à l'entretien de la structure. Une facture bien trop élevée compte tenu du peu d'activité.

Avec une reprise en régie, la métropole et la CCI veulent donc relancer l'activité de l'aéroport avec notamment le retour des lignes régulières. L'objectif, c'est de démarrer les premières lignes en 2018 mais "si jamais ça se profile bien, nous pourrions même démarrer dès cette année", assure le secrétaire de la CCI Rouen Métropole, Frédéric Hubin. Pour quelles destinations ? Difficile d'obtenir beaucoup d'informations. "Beaucoup de négociations sont en cours. Ce qui est sûr, c'est qu'on pourra proposer la ville de Lyon, qui elle même dessert une cinquantaine de destinations internationales", assure Frédéric Hubin.

Un calendrier pas très heureux

Reste que la nouvelle de cette reprise surprend un peu. En effet, en avril 2015, face au manque de rentabilité de l'aéroport en délégation de service public, la métropole lançait un comité de pilotage pour déterminer l'avenir de la structure. A l'époque, deux pistes se dessinent : un arrêt pur et simple de l'aéroport ou la vente à un organisme privé. En juillet 2015, la décision est finalement prise de poursuivre la délégation de service public pendant encore un an le temps de réfléchir à ces deux options.

Dès 2018, les lignes régulières seront relancées sur le tarmac de Rouen Boos. La première destination connue est Lyon, porte d'entrée vers une cinquantaine de villes à l'international. - Maxppp
Dès 2018, les lignes régulières seront relancées sur le tarmac de Rouen Boos. La première destination connue est Lyon, porte d'entrée vers une cinquantaine de villes à l'international. © Maxppp - Boris Maslard

Il est donc surprenant que la métropole ait donc fini par trancher pour une reprise en régie, loin des hypothèses avancées au départ. Autre aspect étonnant : le calendrier de cette reprise. En effet, elle intervient juste après la mise en commun de la gouvernance des aéroports de Caen-Carpiquet et de Deauville. Les deux structures veulent faire des économies d'échelle et renforcer leur attractivité. Et, pourquoi pas, se rapprocher de l'aéroport du Havre par la suite... De quoi déplacer le centre d'attractivité de la Normandie vers la côte.

Mais pas de concurrence dans les différents projets selon Frédéric Hubin : "Il n'y a pas incompatibilité, personne ne se fera de l'ombre. Les gens ne se déplacent pas vers Caen pour prendre l'avion. Ils vont à Paris éventuellement mais pas à Caen. Donc il y aura de la place pour tout le monde, ce ne seront pas les mêmes lignes, pas les mêmes flux." Surtout, selon Frédéric Hubin, il faut que le problème soit pris à bras le corps. "L'attractivité, ce n'est pas quelque chose qui se décide, ça se met en place. On ne veut pas que les sièges importants de la région se déplacent à cause d'un manque d'infrastructure."