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Économie – Social

L'Armée du Salut de Belfort perd son restaurant solidaire

lundi 11 mars 2019 à 18:23 Par Loïc Bongeot, France Bleu Belfort-Montbéliard

Depuis le 30 décembre 2018, l'Armée du Salut de Belfort n'a plus de restaurant solidaire faute de subventions. Entre 40 et 80 repas étaient servis à chaque service pour les plus démunis.

L'Armée du Salut à Belfort doit laisser trente à quarante personnes à la rue chaque soir.
L'Armée du Salut à Belfort doit laisser trente à quarante personnes à la rue chaque soir. © Radio France - Hugo Flotat-Talon

Belfort, France

Le 30 décembre dernier à Belfort, alors que l'Armée du Salut servait entre 40 et 80 repas par jours dans son restaurant solidaire, ce service s'est arrêté suite à la suppression de subventions. Des repas chauds étaient servis chaque jours grâce aux denrées alimentaires récupérées en grande partie par la banque alimentaire. La seule possibilité pour les sans-abris de bien se nourrir au quotidien.

Ce restaurant particulier accueillait les SDF mais aussi les personnes les plus précaires : des retraités, des handicapés... Ils pouvaient se restaurer pour une contribution de 2 euros seulement. La situation se complique pour eux aujourd'hui, ils sont obligés d'aller se fournir au supermarché où les prix sont bien plus élevés. 

"On se débrouille avec les moyens du bord"

"Depuis la fermeture du restaurant social on se débrouille avec les moyens du bord, avec les revenus minimaux qu'on peut avoir. Soit par le biais de bénévolat soit, avec nos propres revenus, on va acheter à manger dans les commerces". C'est ce que confiait un des bénéficiaires du restaurant à France Bleu Belfort-Montbéliard

Il se rendait le restaurant social tous les jours pour pouvoir manger à sa faim dans des conditions favorables. En effet, le lieu permettait aussi de manger en groupe et de créer de l'échange pour garder le lien social. "On subit tout au quotidien" dit-il en poursuivant sur la fermeture du restaurant : "La décision est tombée pendant la période hivernale comme vous le savez, c'est les notables qui décident, qui appuient sur des boutons, et _une fois qu'ils ont décidé, on applique_". 

Changement de politique aux grandes conséquences

Thierry Novelli, dirigeant du Centre Hébergement et de Réinsertion Sociale (CHRS) pointe du doigt la nouvelle politique du gouvernement en matière de réinsertion : "L'Etat à décider de changer sa politique, aujourd’hui il a mis en place la politique du logement d'abord : faire en sorte qu'une personne à la rue, plutôt que de la faire passer par un dispositif d'urgence précaire puis un CHRS puis un logement, la mettre directement en logement". Dans cette logique l’État revoit donc son soutien financier aux centres d’hébergement à la baisse

Une solution dans les deux prochaines années ? 

Le directeur du centre Thierry Novelli est déjà à la recherche d'une solution stable pour les bénéficiaires de ce restaurant. Aujourd'hui, un partenariat a été signé avec l’hôpital Nord-Franche Comté de Trévenans pour rebondir au plus vite. Il permet au CHRS de récupérer le plus souvent possible les restes alimentaires de la cuisine centrale de l'hôpital, même si cette solution est une roue de secours pour Thierry Novelli : "On va dire c'est mieux que rien, le repas n'est pas servi dans ce lieu chaleureux qu'est le restaurant, il n'est pas toujours chaud, on prend ce qu'il reste" dit-il.

Le directeur de centre est donc à la recherche d'une solution satisfaisante, il a déjà une idée : "la meilleure solution à mon sens c'est d'en profiter pour _développer au sein de ce restaurant un chantier d'insertion professionnelle_". Une idée deux-en-un qui permettrait donc de servir des repas aux plus pauvres tout en les formant à... servir des repas.  

Si cette solution est la plus intéressante pour Thierry Novelli c'est surtout pour le financement. C'est une autre subvention de l’État qui serait concernée et pas n'importe laquelle : l'enveloppe de l'insertion professionnelle. L'insertion professionnelle est un thème cher à Emmanuel Macron puisqu'il a annoncé la création de 5000 postes dans ce domaine jusqu'à la fin du quinquennat. "Si, effectivement, on pouvait récupérer quelques postes pour permettre à des personnes de pouvoir préparer des repas et donc se préparer à un emploi, _ça nous permettrait de réduire le nombre de poste nécessaire_. Après, évidemment, il reste à trouver le financement du poste."