Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Fermer
Retour
Économie – Social

L'Assemblée donne un nouveau feu vert à la privatisation très contestée d'Aéroports de Paris

jeudi 14 mars 2019 à 21:56 Par Géraldine Houdayer, France Bleu et France Bleu Paris

Les députés ont adopté, ce jeudi soir, un nouvel article favorisant la privatisation d'Aéroports de Paris : ce texte prévoit de supprimer l'obligation pour l'État de détenir la majorité du capital d'ADP. Les débats ont été houleux, et le projet reste très controversé.

Un membre de la CGT manifeste devant l'Assemblée nationale, mercredi.
Un membre de la CGT manifeste devant l'Assemblée nationale, mercredi. © AFP - Philippe LOPEZ

La privatisation d'Aéroports de Paris, la structure qui chapeaute les aéroports d'Orly et de Roissy, se rapproche. Après environ neuf heures de débats acharnés, l'Assemblée nationale a donné ce jeudi un nouveau feu vert à la privatisation d'ADP, voulue par le gouvernement mais vivement contestée par les oppositions.

Les députés ont finalement adopté par 42 voix contre 17 en nouvelle lecture l'article 49 du projet de loi Pacte qui prévoit de supprimer l'obligation pour l'État de détenir la majorité du capital d'ADP (actuellement 50,63%, pour un montant évalué à 9,5 milliards d'euros). Les voix des élus LREM-MoDem ont constitué l'essentiel des votes pour. Une élue LREM, Pascale Boyer, s'est néanmoins abstenue.

Une "erreur irréparable", synonyme d'un "abandon de souveraineté nationale"

Depuis la première lecture du projet de loi en octobre, cette privatisation est devenue, après son rejet au Sénat, la principale pomme de discorde. Les oppositions de droite comme de gauche - hormis les députés Agir - ont réitéré leurs critiques sur "une mauvaise affaire", "une faute économique, stratégique et historique", une "erreur irréparable", synonyme d'un "abandon de souveraineté nationale". Des députés PS, PCF et LFI ont annoncé qu'ils saisiraient le Conseil constitutionnel, considérant que cela revient à privatiser "un monopole de fait", ce que prohibe le préambule de la Constitution de 1946. 

Le gouvernement veut "désendetter" la France et créer un fonds pour l'innovation 

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a lui défendu son projet de concession durant 70 ans comme "la meilleure façon de garantir le développement de ce fleuron" qu'est ADP. Le produit de l'opération doit aider au "désendettement" de la France et financer un fonds pour l'innovation, qui bénéficiera de "250 millions d'euros de revenus garantis" par an, a rappelé le ministre.
ADP a annoncé une hausse de 6,9% de son bénéfice net en 2018, à 610 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires de près de 4,5 milliards d'euros.

Pour les communistes et les Insoumis, "un cadeau à Vinci"  

Communistes et Insoumis ont demandé s'il s'agissait d'un "cadeau à Vinci", en contrepartie à l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes dont le groupe devait être le concessionnaire. Robin Reda (LR) a aussi évoqué "un capitalisme de connivence". Mais, a assuré le ministre, la procédure de cession sera "transparente", "il n'y aura pas de gré à gré" et Vinci "ne bénéficiera évidemment d'aucun privilège".

"Toutes les options de cession" restent sur la table, "avec ou sans le maintien d'une participation de l'Etat", a-t-il aussi affirmé, alors que le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait indiqué mardi que l'Etat conserverait "à peu près 20%" du capital d'ADP.

Des garanties pour les riverains 

Face à la levée de boucliers contre son projet, le ministre a donné des gages pour les riverains notamment.  L'Assemblée a adopté des amendements LREM prévoyant des mesures de protection : plafond dans les créneaux horaires de vols et couvre-feu à Orly, fonds d'indemnisation accru pour les travaux d'isolation à Roissy. 

La privatisation de la FDJ à suivre 

Les députés devaient examiner dans la foulée les articles liés à la privatisation de la Française des Jeux (FDJ), également contestée. Le projet de loi fera l'objet d'un vote d'ensemble à l'issue de son examen, potentiellement dans la nuit de vendredi à samedi, avant de retourner au Sénat.