Économie – Social

L'avenir de La Redoute dans les mains de la justice

Par Eric Turpin et Antoine Sabbagh, France Bleu Nord samedi 22 mars 2014 à 9:25

Le siège de La Redoute à Roubaix dans le Nord
Le siège de La Redoute à Roubaix dans le Nord © Sebastien Jarry - MaxPPP

Au terme de l'ultimatum qu'ils avaient fixé, les deux repreneurs de la Redoute, Nathalie Balla et Eric Courteille, ont saisi le tribunal de commerce après le refus de trois des quatre syndicats de l'entreprise de signer l'accord sur les mesures sociales du plan de reprise qui prévoit 1 178 suppressions d'emploi.

L'avenir de la Redoute n'a jamais paru aussi sombre. La société, qui emploie 3500 salariés dont 2500 à Roubaix et Wattrelos dans le Nord, remet désormais son devenir entre les mains du tribunal de commerce.

Vendredi après-midi, la direction de la Redoute a alerté la justice sur les difficultés financières de l'entreprise, après le refus de trois des quatre syndicats de signer l'accord sur le plan social qui prévoit 1 178 suppressions de postes. 

Ce refus annule le plan de reprise, et met la Redoute dans une situation financière critique car la Redoute perd de l'argent : plus de 50 millions l'an passé. Et ces pertes elles étaient jusque là couvertes par le groupe Kéring, sa maison mère, qui a clairement dit cette semaine qu'il couperait le robinet si les syndicats ne signaient pas le plan social.

Kéring tiendra t il parole ? Si c'est le cas, La Redoute n'aurait plus d'argent pour payer ses salariés et ses fournisseurs. Ce serait alors un dépôt de bilan. Va t on y arriver ? Impossible à dire à cette heure.

Il y a un espoir selon Me Mario Califano, l'avocat des syndicats. Le tribunal de commerce aurait demandé un délai supplémentaire jusqu'à lundi soir, ce qui laisse encore quelques heures pour sauver la Redoute. La section CFDT, comme le réclame sa hiérarchie, pourrait revenir sur son refus de signer. 

Il n'est pas exclu que Kéring, sous la pression des politiques (n'oublions pas qu'on est à quelques heures des municipales), fasse un geste. Mais la tonalité globale est quand même à l'inquiétude et à l'incertitude quant à l'avenir de la redoute.

Prochaine étape pour les salariés, une assemblée générale lundi matin pour décider de nouvelles actions.

 

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