Économie – Social

L'économie circulaire a le vent en poupe en Bourgogne-Franche-Comté

Par Anne Pinczon du Sel, France Bleu Bourgogne mardi 10 octobre 2017 à 19:31

La Bécane à Jules a lancé une marque de vélos fabriqués à 75 % de pièces reconditionnées
La Bécane à Jules a lancé une marque de vélos fabriqués à 75 % de pièces reconditionnées © Radio France - Anne Pinczon du Sel

La Région Bourgogne-Franche-Comté vient de lancer une stratégie et un plan d'action pour développer l'économie circulaire sur le territoire. L'objectif est de fédérer tous ceux qui travaillent sur le recyclage, le reconditionnement, l'économie d'énergie et la consommation responsable et durable.

L'économie circulaire, c'est un terme un peu barbare pour désigner une économie qui utilise pour la production de la matière première ou des objets recyclés. En Bourgogne-Franche-Comté, ça représente entre 50 000 et 70 000 emplois. La Région vient de lancer un plan d'action pour les mois à venir, dans le but de fédérer et d'organiser une filière de l'économie circulaire.

L'économie circulaire ne se limite pas au recyclage des déchets

Dans le département, il existe déjà beaucoup d'entreprises ou d'associations qui fonctionnent selon le principe de l'économie circulaire. Certaines sont très anciennes, comme Envie Dijon, qui reconditionne des produits électroménagers depuis 30 ans. D'autres sont plus récentes, comme Vitis Valorem à Meursault, qui récupère les sarments de vignes pour en faire des agrafes et des tuteurs qui seront réutilisés ... dans les vignes. Il y a aussi la Bécane à Jules à Dijon, qui récupère des vélos que leurs propriétaires ont jeté pour les retaper, ou pour réutilisent certaines pièces pour créer les vélos de leur marque Re Fab Dijon, ou encore Ecolactis à Messigny-et-Vantoux qui recycle la chaleur dégagée par les systèmes frigorifiques pour faire du chauffage ou de l'eau chaude. L'économie circulaire ne se limite donc pas au recyclage des déchets.

Qui dit économie circulaire, dit économie. Et donc argent et emploi. Les objets ou les services issus de l'économie circulaire peuvent être moins chers que les autres mais pas forcément. Par exemple les produits de Vitis Valorem " sont sur la même gamme de prix que les autres " , explique le fondateur Stéphane Bidault. " A force d'innovation, on a réussi à être sur les mêmes tarifs, sauf que l'impact environnemental de nos produits est bien plus intéressant. " C'est la même chose pour la marque Re Fab Dijon de la Bécane à Jules : " si on veut de la qualité, et des produits qu'on peut ensuite réparer, retaper, faire vivre plus longtemps, il faut quand même mettre le prix. Refaire un vélo de bout en bout, ça représente des heures de travail, et on n'a pas de chaîne de production comme dans une usine, tout est fait à la main " argumente Céline Noël, la directrice de la Bécane à Jules.

L'argent reste le nerf de la guerre

Les avantages de l'économie circulaire sont multiples : emplois non délocalisables, recyclage, réduction de la production de déchets, économie des ressources et des matières premières, etc. Et parce que l'union fait la force, la région a décidé de lancer ce plan d'action pour les prochains mois, qui doit permettre aux acteurs de l'économie solidaire de se rencontrer, d'échanger pendant des ateliers, de se faire connaître auprès du grand public.

Mais les entrepreneurs et les associations attendent un peu plus : " il faut avoir les moyens de ses ambitions " prévient Céline Noël. A la Bécane à Jules, ils étaient encore douze à travailler l'an dernier, ils ne sont plus que huit cette année. Et avec la disparition des emplois aidés, ça ne risque pas de s'arranger. " Les petites structures comme la nôtre, on n'a pas les reins assez solides pour tout encaisser, et notre but, c'est quand même de toucher un large public, alors si je dois rentrer dans une logique purement commerciale, je serais obligée d'augmenter mes prix, et ça n'aura plus d'intérêt. " Stéphane Bidault renchérit : " pour les entreprises, on ne veut pas que l'économie circulaire soit sponsorisée par de l'argent public, mais on va avoir besoin d'aide pour se développer, une aide technique, une aide logistique, et une aide financière."