Économie – Social

L’ "emploi partagé" se développe dans le sud de l’Essonne

Par Virginie Pironon, France Bleu Paris Région mercredi 5 octobre 2016 à 12:25

L'emploi partagé : une pratique qui commence à séduire les entreprises d'Ile-de-France
L'emploi partagé : une pratique qui commence à séduire les entreprises d'Ile-de-France © Maxppp - Eric Audras

Le groupement d’employeurs est une pratique peu répandue en Ile-de-France mais elle pourrait faire des émules. Il s’agit de plusieurs entreprises qui se mettent ensemble pour embaucher un salarié en CDI à temps plein. Dans le sud de l'Essonne, une association se bat pour développer ce système.

Quand il a entendu parler de l’emploi partagé pour la première fois, Jean-Luc Chandler n’y croyait pas vraiment. Mais cet habitant d’Etampes, qui travaillait à Paris, avait envie de se rapprocher de chez lui et quand il a compris les avantages de ce type de contrat, il n’a pas hésité un instant. Depuis le mois de juin, ce salarié de l’association Res’Source, qui regroupe 21 entreprises du sud de l’Essonne, partage son temps entre deux entreprises. Le matin, de 5h à 9h, il fait de la mise en rayon chez Leclerc. Puis, de 11h30 à 14h30, il change de casquette et travaille au sein d’une blanchisserie.

Un temps partagé, mais complet

Le contrat signé est donc bien un temps plein, mais partagé entre deux entreprises. "Ce n’est pas plus mal, explique Jean-Luc Chandler. _Je trouve que c’est assez sympa de varier une activité à une autre. C’est moins monotone, car ce ne sont pas les mêmes métiers. J’avais peur de ne pas forcément réussir à m’adapter, mais au final, cela s’est très bien passé. Je suis content d’aller travailler".

Son employeur direct est l’association Res’Source, qui signe une convention avec les entreprises partenaires.

« C’est Res’Source, le groupement d’employeur , qui va embaucher le collaborateur, explique Céline Delort, la présidente de l'association. Nous nous occupons de toutes les tâches administratives, du bulletin de paye et de tous les éléments qui vont avec le contrat de travail. A côté de ça, le besoin, c’est l’entreprise utilisatrice qui l’a, et c’est chez elle que le collaborateur va aller travailler. »

Au printemps dernier, cela faisait des mois justement que la blanchisserie BSC cherchait quelqu’un pour travailler seulement 3 heures par jour. Sans succès. Même chose pour le Leclerc d’Etampes qui a besoin de salariés très tôt le matin. Alors, quand Philippe Chasseriaud, à la tête de la blanchisserie, a découvert ce système, il a sauté sur l’occasion. " Cela nous apporte une souplesse, explique-t-il, parce que grâce à ça, on a un poste qui est couvert pendant trois heures, cela nous permet d’envoyer trois personnes déjeuner le midi. On envisage à l’avenir de continuer cette formule sur un deuxième, voire un troisième poste." A noter que son entreprise emploie de la même façon un commercial, deux jours par semaine.

Jusqu’à présent, l’association Res’source a embauché 4 personnes sur le même modèle, 4 à 5 autres pourraient suivre dans les semaines qui viennent. Pour les entreprises, c’est environ 10% moins cher que le recours à une agence d’intérim.

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