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Économie - Social

L'équipementier toulousain Latécoère passe officiellement sous giron américain

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Occitanie

C'était dans les tuyaux depuis six mois : ce 4 décembre, Latécoère, historique équipementier aéronautique à Toulouse, est passé sous contrôle américain. L'affaire prend une tournure politique, certaines personnalités politiques nationales montent au créneau.

Rassemblement devant l'ancien site Latécoère de Périole en 2016.
Rassemblement devant l'ancien site Latécoère de Périole en 2016. © Radio France - Stéphanie Mora

Toulouse, France

Latécoère, fondée en 1917 par Pierre-Georges Latécoère (mort en 1943), pionnier de l'Aéropostale avec ses hydravions, a toujours eu une assise très forte en Occitanie. Sur 5.000 salariés dans le monde, 1.800 travaillent dans la région : Toulouse, Colomiers, Labège (Haute-Garonne), Gimont (Gers) et le Crès (Hérault). Depuis mercredi, le fleuron haut-garonnais appartient majoritairement à un fonds d’investissement américain.

Premières alertes émises par le syndicat majoritaire et la Commission de Défense

Leader mondial dans les systèmes d’interconnexion (câblage, équipements vidéos embarqués) et les aérostructures (portes, fuselages) Latécoère est un fournisseur pour les grands donneurs d'ordre de l'aéronautique, Airbus, Boeing, Dassault, Embraer, etc. La société a fêté ses 100 ans il y a peu, et a traversé bien des sursauts : un plan social annoncé en 2016, une nouvelle usine ultra-moderne à l'est de Toulouse en 2018, un nouveau siège social actuellement en chantier quartier Jolimont. L'an dernier, l'entreprise a vu son bénéfice net fondre de 80%.  L'offre publique d'achat (OPA) amicale avait été annoncée en juin, elle a été validée par l'Autorité des marchés financiers cette semaine. Le fonds américain contrôlait 26% des parts de Latécoère. Il détient à présent 63% de l'entreprise. L'offre de Searchlight représentait une prime de 34% aux détenteurs d'actions. 

L'usine 4.0 de Latécoère inaugurée en 2018 en zone de Montredon.  - Radio France
L'usine 4.0 de Latécoère inaugurée en 2018 en zone de Montredon. © Radio France - Vanessa Marguet

Le Ceser (Conseil économique, social et environnemental régional) s'en était ému dans une lettre à Bercy en septembre : "Latécoère a besoin de temps long. Laisser le champ libre à un fonds nord-américain serait une erreur (...) Le risque est d'assister à une perte de savoir-faire français". Et en octobre, l'OPA avait aussi suscité l'opposition de la CGT, syndicat majoritaire, qui avait demandé l'Etat à intervenir dans ce dossier pour trouver un autre repreneur.

Plus récemment, la classe politique a pris le dossier en main. Il y a deux semaines, 17 députés de tous partis ont interpellé le Premier Ministre. Parmi eux, Jean-Christophe Lagarde, le patron de l'UDI, mais aucun parlementaire d'Occitanie. Membres de la Commission de la défense de l’Assemblée nationale, ils ont écrit une lettre à Edouard Philippe à propos de la vente de Latécoère, sensible selon eux car les vendeurs en nieraient le caractère stratégique . Latécoère est en effet détentrice d'une technologie de pointe, le Lifi, Internet par la lumière, utilisée par l'Armée pour protéger ses données.

La politisation, l'extrême-droite très mobilisée sur le cas Latécoère

Et depuis quelques jours, ont émergé sur les réseaux les réactions de plusieurs personnalités politiques nationales de haut rang , l'extrême droite en tête. Marine Le Pen, Florian Philippot qui écrit sur Twitter "Honte au gouvernement Macron qui a laissé faire ça ! Contre les intérêts français, et au nom de quels intérêts ?? #latecoere" ou encore Thierry Mariani qui réagit "Une fois de plus Macron laisse partir un des derniers fleurons industriels français,comme il l’avait déjà fait avec la branche énergie d’Alstom".

La France Insoumise a mis aussi son nez dans cette affaire à l'instar du député européen LFI toulousain Manuel Bompard (voir tweet c-dessous). Tous dénoncent l'indifférence, politique probablement, dans laquelle se déroule cette affaire, comme l'ancien ministre du Redressement productif et chantre du "made in France", Arnaud Montebourg. 

Est-il possible que notre Gouvernement s’occupe un minimum d’empêcher le pillage technologique de notre industrie par les empires américains et chinois ? (qui se poursuit dans l’indifférence) — Arnaud Montebourg

Jean-Luc Moudenc le maire (LR) de Toulouse et candidat à sa succession en mars a réagi par un communiqué ce 7 décembre.

La seule condition posée par le Gouvernement - que soient rétrocédés par Searchlight 10% du capital de Latécoère à un fonds français - ne suffira pas à éviter la fuite vers l'étranger de technologies telles que Lifi. Nous ne pouvons fermer les yeux sur ce risque et perdre la souveraineté sur nos technologies les plus innovantes. La puissance publique doit prendre assurer ainsi un droit de regard sur l'avenir industriel de Latécoère et celui de ses salariés. — Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole

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