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Économie – Social DOSSIER : L'actu de la mer

L'État nationalise les chantiers navals STX de Saint-Nazaire, une décision "incompréhensible" pour l'Italie

jeudi 27 juillet 2017 à 15:28 - Mis à jour le jeudi 27 juillet 2017 à 19:20 Par Boris Hallier, France Bleu Loire Océan et France Bleu

Le ministre de l'Économie a annoncé ce jeudi que l'État allait nationaliser temporairement les chantiers navals STX de Saint-Nazaire, qui devaient être repris par l'Italien Fincantieri. Deux ministre italiens dénoncent une décision "grave et incompréhensible".

Le ministre de l'Économie a annoncé la nationalisation temporaire des chantiers navals de Saint-Nazaire.
Le ministre de l'Économie a annoncé la nationalisation temporaire des chantiers navals de Saint-Nazaire. © AFP - Caroline Paux

Saint-Nazaire, France

Après plusieurs jours de négociations et un ultimatum lancé aux autorités italiennes, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a annoncé ce jeudi que l'État allait nationaliser temporairement les chantiers navals STX de Saint-Nazaire en utilisant le droit de préemption de la France. "Cette décision a un seul objectif : défendre les intérêts stratégiques de la France. Les chantiers de Saint-Nazaire sont un outil unique en France", a expliqué Bruno Le Maire.

Cette décision est "temporaire", assure le ministre de l'Économie pour qui STX n'a "pas vocation" à rester dans le giron de l'État.

Une décision "grave et incompréhensible" pour l'Italie

La décision de la France est totalement désapprouvée par l'Italie. "Nous considérons grave et incompréhensible la décision du gouvernement français de ne pas donner suite à des accords déjà conclus", affirment dans un communiqué conjoint le ministre de l'Economie et des Finances Pier Carlo Padoan et celui du Développement économique Carlo Calenda.

Une nationalisation à 80 millions d'euros

Cette nationalisation coûtera 80 millions d'euros à l'État et sera prise en charge par l'Agence des Participations de l'État, a détaillé Bruno Le Maire, qui se rendra mardi à Rome pour "reprendre les négociations". "J'ai bon espoir que nous trouverons dans les semaines qui viennent les modalités de cet accord industriel européen avec l'Italie dans le domaine de la construction navale", ajoute-t-il.

Le coup de pression de la France

Sans cette nationalisation, les chantiers navals de Saint-Nazaire passeraient sous le contrôle du groupe public italien Fincantieri dès samedi, selon l'accord qui avait été conclu par le précédent gouvernement. Le président de la République, Emmanuel Macron, avait prévenu que les conditions de cet accord ne lui convenaient pas et qu'il devrait être revu pour "garantir la pérennité des emplois" et la "souveraineté industrielle" du site.

Le nouveau gouvernement avait donc proposé un partage à 50-50 des chantiers navals de Saint-Nazaire, pour que la France conserve une marge de manoeuvre . "Si jamais nos amis italiens refusent la proposition honnête qui leur est faite, l'État exercera son droit de préemption", avait prévenu Bruno Le Maire.

Mais l'Italie a opposé une fin de non-recevoir. "Sur STX, nous sommes clairs depuis le début. Le précédent gouvernement français a demandé à Fincantieri de s'intéresser (au dossier) et le groupe l'a fait avec un projet industriel solide qui a des conditions fondamentales", a expliqué ce mercredi le ministre italien du Développement économique. "L'Italie n'a aucune intention d'aller de l'avant si ces conditions ne sont pas là", avait-il ajouté.

Le soutien des élus locaux

Le président LR de la région Pays-de-la-Loire, Bruno Retailleau, "appuie le gouvernement" dans cette démarche. "J'ai été le premier, dès Noël dernier, à indiquer qu'il fallait que Fincantieri n'ait pas la majorité, puisse avoir moins de 50%. (...) Donc j'appuie moi le gouvernement, parce qu'on a un enjeu stratégique et un enjeu d'emploi", explique Bruno Retailleau.

De son côté, le maire de Saint-Nazaire, David Samzun se dit "fier du gouvernement français qui protège notre fleuron industriel". "Cette nationalisation doit être temporaire car ce n'est pas la responsabilité de l'État de construire des paquebots. (...) Tout restera à faire car il faut retrouver un actionnaire au service d'un projet industriel" , ajoute David Samzun.

"Une satisfaction" pour le syndicat FO

Cette annonce est bien accueillie par le syndicat Force Ouvrière. "Nous considérons que STX France est une entreprise stratégique pour le pays, c'est la dernière entreprise en mesure de construire le remplaçant du porte-avions Charles de Gaulle. Nous revendiquions une nationalisation même transitoire parce que Fincantieri n'est pas un actionnaire fiable et envisageable", explique Nathalie Durand-Prinborgne, déléguée FO.

L'histoire des chantiers de Saint-Nazaire

Le ministre de l'Économie a annoncé que l'État allait nationaliser les chantiers navals de Saint-Nazaire.  - Visactu
Le ministre de l'Économie a annoncé que l'État allait nationaliser les chantiers navals de Saint-Nazaire. © Visactu