Économie – Social

L'Euro de foot a fait beaucoup de petits euros, selon le CDES de Limoges

Par Fabienne Joigneault, France Bleu Limousin vendredi 13 janvier 2017 à 11:15

Les supporters étrangers ont dépensé 154 euros par jour en moyenne.
Les supporters étrangers ont dépensé 154 euros par jour en moyenne. © Maxppp - Bruno Levesque

La France a gagné plus d'un milliard d'euros en organisation l'Euro de football l'été dernier, selon une étude réalisée notamment par le Centre de Droit et d'Economie du Sport de Limoges. Christophe Lepetit, économiste au CDES, explique comment tout cela a été calculé.

L'Euro 2016 de football a été une réussite financière pour la France selon une étude, réalisée notamment par le CDES de Limoges. L'impacte s'élève à 1,2 milliard d'euros. Christophe Lepetit, économiste au Centre de Droit et d'Economie du Sport, était l'invité de France Bleu Limousin à 8h20 pour revenir sur ce bon bilan.

Quel a été l'impact économique de l'Euro ?

L'Euro a entraîné un surcroît d'activité d'1,2 milliards d'euros. A cela s'ajoute d'autres éléments, notamment de l'emploi salarié, puisque l'Euro a généré l'équivalent de 9.700 temps-pleins sur l'année, et puis quelques recettes fiscales additionnelles pour l'Etat et les collectivés, que l'on chiffre en gros à 75 millions d'euros. Cet impact se décompose en deux grands groupes. Pour la tenue de la compétition, c'est essentiellement le secteur privé et ce qui touche à l'événementiel sportif qui est touché. Et puis le deuxième, c'est l'industrie touristique, hôtellerie et restauration, qui a été bénéficiaire.

Comment vous calculez tout ça ?

On a eu un partenariat très fort avec l'UEFA qui nous a fourni l'ensemble des données financières : budgets, comptes de résultats, entreprises bénéficiaires de l'organisation... Et pour la partie touristique, nous avons mené des enquêtes auprès des spectateurs étrangers, en deux temps : des enquêtes de terrain pendant l'Euro sur chacune des dix villes hôtes, et ensuite par e-mail. Nous avons récolté plus de 17.000 questionnaires.

Dans les villes qui ne recevaient pas la compétition, comme Limoges et Brive, on a pu voir qu'il y avait de l'animation et même des supporters étrangers : c'est évalué aussi ?

Oui, en fait, le surcroît d'activité n'a été calculé que sur les visiteurs étrangers qui venaient exprès et au niveau national. Mais nos enquêtes de terrain nous ont montré que ces visiteurs sont allés, en dehors des villes-hôtes, visiter les arrières-pays, voir des sites, et on sait qu'ils sont allés en Périgord et en Limousin par exemple, notamment la clientèle anglo-saxonne.

Autre sujet : le passage à 48 pays pour la coupe du monde de football en 2026, est-ce qu'il n'y a pas un risque de diluer la passion autour du foot ?

Oui, il y a un risque de baisser la qualité, d'avoir des matchs avec peu d'enjeu, et donc peu d'intérêt. Mais j'imagine que Gianni Infantino veut tenir sa promesse d'élargir la coupe du monde à des pays qui n'y ont pas accès. Et puis il y a bien sûr un enjeu financier...