Économie – Social

L'Europe doit-elle rester un garde fou pour les déficits des Etats membres?

Par Aurélie Locquet, France Bleu Alsace mercredi 23 avril 2014 à 11:20

Les prévisions de la Commission européenne
Les prévisions de la Commission européenne © IDÉ

Manuel Valls détaille ce mercredi son plan de réduction des déficits publics en France. L'objectif, faire 50 milliards d'euros d'économie pour respecter ses engagements européens et mettre en place son pacte de responsabilité avec les entreprises.

Comme les autres pays de l'Union Européenne, le France s'est engagée à réduire ses déficits publics en dessous de la barre des 3% du produit intérieur brut (PIB). Elle a déjà obtenu deux délais pour y parvenir, un an, puis deux ans.

50 milliards d'économies

Mais aujourd'hui la France est au pied du mur et doit tenir ses engagements européens: le déficit doit repasser en dessous de la barre des 3% avant fin 2015. Pour y parvenir, et pour financer le pacte de responsabilité avec les entreprises, Manuel Valls présente donc un plan de 50 milliards d'économies. Elles seront supportées à hauteur de 18 milliards d'euros par l'Etat, 11 milliards les collectivités locales, 10 milliards l'Assurance maladie et 11 milliards par d'autres dépenses sociales.

Certains députés socialistes sont déjà montés au créneau pour dénoncer certaines mesures envisagées, comme le gel des petites retraites ou encore le gel du point d'indice pour les fonctionnaires.

Changer l'Europe

De leur côté, les candidats aux élections européennes ont commencé leur campagne, et les déficits publics sont l'un des thèmes abordés. Mais les efforts qui vont être demandés aux Français ne sont pas la faute de l'Europe, souligne Catherine Trautmann, eurodéputée socialiste. "Le déficit est lié à 10 ans de droite en France, il faut les réduire, mais dans des délais acceptables." Selon elle, les élections européennes sont l'occasion de réorienter l'Europe. "La majorité conservatrice au pouvoir jusqu'à présent a refusé de mettre en place les moyens de régulation des finances. Elle a appliqué une politique d'austérité comme seule réponse à la crise."

Le Front National rejette ces arguments, et met comme à son habitude la droite et la gauche dans le même sac. Florian Philippot, tête de liste frontiste dans le grand est arrive en tête des intentions de vote dans un sondage IFOP avec 26% devant l'UMP à 24% et le PS à 15,5%. Il explique ces bons chiffres: "les Français ont compris qu'on les avait bernés avec la monnaie unique."

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