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Économie – Social

L'impôt à la source est "obligatoirement une charge de travail en plus", se plaint un patron des Landes

lundi 27 août 2018 à 6:25 Par Edouard Marguier, France Bleu Gascogne

A quatre mois de la mise en place du prélèvement à la source pour l'impôt sur le revenu, l'Etat lance lundi une grande campagne d'information à la télévision et sur internet. Cette réforme inquiète les chefs d'entreprises des Landes.

Le taux de prélèvement à la source a été défini lors de votre déclaration de revenu 2017.
Le taux de prélèvement à la source a été défini lors de votre déclaration de revenu 2017. © Maxppp - FRANCOIS DESTOC

Tartas, France

Un big bang fiscal va se produire dans quatre mois, le 1er janvier 2019. L'Etat souhaite donc accélérer l'information sur le prélèvement de l'impôt à la source. A partir de lundi, des spots publicitaires seront diffusés à la télévision et sur internet. Il faut s'y préparer dès maintenant car au mois de janvier les salaires et les retraites nets vont baisser. C'est logique puisque l'impôt sur le revenu sera prélevé directement sur les revenus. L'employeur et les caisses de retraite deviennent les nouveaux percepteurs. Ils appliqueront un taux de prélèvement que l'administration va leur envoyer à partir du 15 septembre. 

Les patrons sont inquiets. En particulier, ceux qui sont à la tête de petites entreprises, qui sont très nombreuses dans les Landes. Sans compter l'industrie et l'agriculture, la chambre des métiers des Landes en dénombre 10.000. C'est le cas d'André Morlaes qui est à la tête d'une entreprise de peinture à Tartas.

France Bleu Gascogne : quel sera le changement principal pour vous ?

André Morlaes : Obligatoirement, c'est une charge de travail supplémentaire. On va être obligé de rencontrer nos salariés pour leur expliquer la nouvelle législation. Nous sommes à quatre mois de la date fatidique, le 1er janvier, et l'Administration fiscale ne nous a pas encore transmis le taux d'imposition. Les salariés ne sont pas forcément au courant. Nous serons forcément confrontés au mécontentement car les salariés auront un net à payer inférieur au net à payer actuel pour le même nombre d'heures travaillées.

Avez-vous déjà calculé combien de temps ce dispositif va vous prendre dans l'année ? 

Je me suis entretenu avec mon expert comptable. On estime le coût supplémentaire sur l'établissement des bulletins de salaire à 300 euros par employé et par an. Donc, sur 40 employés, ça fait 12.000 euros. C'est à dire que le résultat net en fin d'année sera pénalisé de 12.000 euros.

Quand vous avez fondé votre entreprise en 1985 à Tartas, est que vous imaginiez qu'un jour vous seriez percepteur d'impôt ?

Non ! Jamais ! Aujourd'hui, on me demande de collecter un impôt gratuitement. Le gros inconvénient sera les rapports conflictuels. Nous ne sommes pas formés pour expliquer à nos salariés ce qu'il va se passer. Le salariés est imposé sur les revenus professionnels qu'il a. C'est un taux que l'Administration fiscale définira sur les revenus 2017. Mais un salarié peut avoir d'autres revenus. Un foyer fiscal aura un taux d'imposition différent. Un salarié peut avoir des revenus fonciers ou d'héritage. Monsieur gagne un montant et Madame gagne plus. Je ne suis pas moi, chef d'entreprise, censé savoir ces informations. Si mon salarié n'a pas envie de me le dire, ça ne me regarde pas. 

Est-ce que l'Administration fiscale vous met dans une situation délicate ?

L'Etat nous met oui dans une position délicate. Je crains surtout les relations entre l'employeur et les employés. Je n'y vois que du négatif. On est dans l'obligation de passer à cet impôt prélevé à la source. Les personnes lambda qui emploie du personnel à domicile, avec le dispositif du chèque emploi service, ne sont pas obligées d'appliquer la réforme. Une personne qui travaille chez un particulier n'aura pas ce prélèvement à la source. Une fois encore, en France, il y a deux poids deux mesures.