Économie – Social

L'obligation de dénoncer les salariés verbalisés fait grogner routiers et patrons

Par Alexandre Blanc et Philippe Rey-Gorez, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu mercredi 28 décembre 2016 à 10:25

Contrôle de poids-lourd
Contrôle de poids-lourd © Maxppp - Rémy Perrin (PHOTOPQR/LEPROGRES)

À partir du 1er janvier 2017, les employeurs seront obligés de dénoncer les salariés verbalisés au volant d'un véhicule de l'entreprise. À défaut, ils s'exposent à une amende. Des syndicats de routiers et patrons de PME critiquent cette nouvelle disposition.

Jusqu'à présent, il arrivait que des salariés verbalisés sur un véhicule de service échappent au retrait de points. Il suffisait que l'employeur complice ne dénonce pas l'auteur de l'infraction. À partir du 1er janvier 2017, les entreprises auront obligation de donner le nom du fautif, sous peine de devoir payer une amende.

Cette nouveauté ne plaît pas à tout le monde. Les patrons de petites et moyennes entreprises craignent que cela n'instaure une mauvaise ambiance et soit difficile à mettre en oeuvre. Riccardo Agnesina, le président de la CGPME dans la Marne, regrette de devoir remplir le rôle de la police. "Je ne voudrais pas qu'un salarié refuse de prendre le volant pour ne pas perdre de points", ajoute ce patron d'une société de 57 salariés, dans le secteur du batiment.

Un permis pour les routiers

Du côté des syndicats de salariés, les critiques sont comparables. Philippe Peucheret, de la CGT Transports 51, prône la création d'un permis spécifique pour les routiers, plus permissif. "On ne perdrait pas de points pour les petits excès de vitesse par exemple", propose le représentant syndical.

Mieux sensibiliser les patrons

À la CFDT Transports de la Marne, Jean-Marie Hommet considère que la mesure est inefficace, qu'elle ne permettra pas d'améliorer la sécurité routière. "Il faut sensibiliser les patrons, les directions qui mettent la pression sur les ouvriers, qui leur demandent de décompter le temps de déchargement du camion pour pouvoir rouler davantage", estime Jean-Marie Hommet.