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Économie – Social

La hausse des frais d'inscription à la fac pour les étudiants étrangers est une mesure "raciste" selon l'Unef 80

jeudi 6 décembre 2018 à 9:01 Par Hajera Mohammad, France Bleu Picardie

Les frais d'inscription à l'université vont augmenter à la rentrée 2019 en France mais uniquement pour les étudiants résidant hors de l'Union européenne. Une augmentation scandaleuse dénonce l'Unef 80.

Chloé Hernandez, présidente de l'Unef à Amiens et en Picardie et N'Famoussa Conte, étudiant guinéen à l'UPJV
Chloé Hernandez, présidente de l'Unef à Amiens et en Picardie et N'Famoussa Conte, étudiant guinéen à l'UPJV © Radio France - Hajera Mohammad

Amiens, France

C'est une hausse vertigineuse. À la rentrée 2019, les frais d'inscription à l'université vont considérablement augmenter pour les étudiants étrangers, non ressortissants de l'Union européenne. Une hausse "discriminatoire" et même "raciste", selon Chloé Hernandez, la présidente de l'Unef à Amiens et en Picardie, invitée de France Bleu Picardie à 8h10 ce jeudi.

Des frais "injustes" pour les étudiants non-européens

L'année de licence coûtera 2 770 euros contre 170 euros actuellement. Il faudra débourser 3 770 euros pour une année en master ou de doctorat (contre 243 euros et 380 euros respectivement). Cette augmentation fait partie de la "stratégie d'attractivité" lancée par le gouvernement qui veut attirer d'ici 2027, 5000 étudiants internationaux, "les plus brillants et les plus méritants". Ilpromet en contre-partie la mise en place d'un panel de bourses plus accessibles pour ces étudiants étrangers.

Chloé Hernandez affirme que la France est le quatrième pays le plus demandé par les étudiants étrangers et selon elle "ce n'est pas en augmentant les prix, surtout pour les étudiants africains et non-européens, qu'on va en attirer plus". Ces jeunes doivent déjà payer le voyage, le visa, avoir des garanties financières et n'ont pas de bourse, rappelle la présidente de l'Unef à Amiens et en Picardie.

Une augmentation dénoncée par le président de l'UPJV 

Dans une lettre publiée sur le site de son université, le président de l'Université de Picardie Jules Verne dénonce lui aussi cette hausse de frais d'inscription. Sur les 28 467 inscrits cette année, environ 15% sont des étudiants internationaux et 70% d'entre eux viennent du continent africain.

Lettre publiée par le président de l'UPJV pour dénoncer la hausse des frais d'inscription pour les étudiants internationaux  - Aucun(e)
Lettre publiée par le président de l'UPJV pour dénoncer la hausse des frais d'inscription pour les étudiants internationaux - UPJV

Rester ou partir ?

Beaucoup d'étudiants africains se posent la question : faut-il partir ou rester étudier en Picardie ?  N'Famoussa Conte, est guinéen, en troisième année de licence à la fac de droit d'Amiens.  Il hésite à continuer son master en France. "Il y a une augmentation de 1 500 %, vous imaginez ? On vient d'un pays où le Smic est à 45 euros !"

"Est-ce qu'il faut rester en France ?" - N'Famoussa Conte, étudiant guinéen à l'UPJV

Les étudiants picards avec les gilets jaunes ? 

Alors que plusieurs lycéens ont rejoint le mouvement des gilets jaunes en bloquant des établissements, Chloé Hernandez n'exclut pas des actions à venir aussi en Picardie. "On soutient les gilets jaunes, sur Amiens ça va bientôt partir", assure-t-elle sans en dire plus. "Il n'y a pas que la taxe sur le carburant qui pose problème... il y a aussi toutes les coupes budgétaires sur l'enseignement qui nous tombent dessus".

Quand on lui demande si elle rêve d'un nouvelle mai 68 et d'une nouvelle révolte étudiante, Chloé Hernandez répond : "On peut être utopiste et y rêver, aujourd'hui tout ce qu'on gagne, ça se fait dans la rue."

"Un nouveau mai 68, pourquoi pas ? - Chloé Hernandez, présidente de l'Unef à Amiens et en Picardie