Économie – Social

L'usine Altia du Mans liquidée, les salariés veulent rebondir vite !

Par Bertrand Hochet, France Bleu Maine mardi 2 février 2016 à 19:39

 Les salariés se sont rassemblés une dernière fois mardi après-midi
Les salariés se sont rassemblés une dernière fois mardi après-midi © Radio France

La décision du tribunal de commerce de Paris est tombée. Faute de repreneur, l'entreprise Altia du Mans met la clé sous la porte. L'usine qui fabrique des cabines de tracteurs employait 123 personnes.

Une soixantaine de salariés s'est rassemblée ce mardi après-midi dans les ateliers quasi-déserts de l'avenue Pierre Piffault au Mans pour écouter les représentants du personnel leur confirmer la liquidation de l'entreprise. Les salariés, toujours payés, seront licenciés à la fin du mois. Ils vont recevoir des indemnités de licenciement, ce qui peut par exemple représenter 18.000 euros après 22 ans d'ancienneté, et tous pourront être suivis par une cellule de reclassement.

Déterminés à retrouver du travail

Certains des 123 salariés d'Altia ont choisi de créer leur propre entreprise, comme Bruno qui souhaite monter un camping. Après 25 ans passés dans l'usine mancelle, ce serait dit-il "une belle histoire". "C'est sans doute le moment ou jamais de se lancer. Il ne faut pas tomber dans le fond du puit, il faut se ressaisir", explique l'employé de 45 ans.

L'inquiétude est souvent de mise chez les salariés les plus anciens. Hugues, 53 ans, témoigne après ses premières recherches d'emploi: "le peu que j'ai envoyé, on m'a dit que j'étais trop vieux! Ça a l'air compliqué, surtout si on veut rester en Sarthe!"

**>>> HISTORIQUE: un an et demi de faux-espoirs

*JUIN 2014: premières inquiétudes. Le groupe Altia connaît des turbulences; le site du Mans et ses 123 salariés s'inquiète

*JUILLET 2014 : l'entreprise Altia est placée en redressement judiciaire. D'après la CGT, l'usine sarthoise qui fabrique des cabines de tracteurs se porte pourtant bien. Mais ce sont d'autres sites du groupe (ailleurs en France) qui sont mal en point. Cette mesure de redressement judiciaire est censée permettre l'arrivée de nouveaux investisseurs.

*AOUT 2014: la préfète de la Sarthe s'empare du dossier. Corinne Orzechowski réunit les représentants du personnel. Avec Le Mans Métropole et la Région, elle demande à la Banque Publique d'Investissement de débloquer des fonds pour soutenir Altia. Cette démarche a aussi pour objectif de convaincre le tribunal de commerce d'accorder un sursis à l'entreprise.

*SEPTEMBRE 2014: le tribunal de commerce de Paris accorde trois mois supplémentaires à Altia pour trouver un repreneur. Dans la foulée, Oxymetal, groupe spécialisé dans la découpe industrielle se met sur les rangs. Peu rassurés, les salariés réclament des garanties de commandes à Massey Ferguson, unique client d'Altia.

*OCTOBRE 2014: Massey Ferguson annonce prolonger ses commandes pendant un an et demi. C'est Stéphane Le Foll qui le révèle.

*DECEMBRE 2014: le tribunal de commerce de Paris prolonge la période d'observation de six mois. Oxymetal, unique candidat à la reprise, retire son offre. Massey Ferguson confirme qu'il arrêtera ses commandes début 2016.

*JUILLET 2015: le tribunal de commerce de Paris accorde un délai supplémentaire de six mois à Altia pour tenter de trouver un repreneur. Quarante salariés sont tout de même licenciés.

*JANVIER 2016: les salariés d'Altia assemblent leur toute dernière cabine de tracteur sur le site du Mans. C'est le dernier jour de travail pour 35 des 88 salariés.

FEVRIER 2016*: le tribunal de commerce de Paris prononce la liquidation judiciaire d'Altia.

Les ateliers de l'usine Altia ont été vidés de la plupart des machines - Radio France
Les ateliers de l'usine Altia ont été vidés de la plupart des machines © Radio France