Économie – Social

L’usine Automotive d'Amiens va fermer

Par Claudia Calmel, France Bleu Picardie vendredi 13 octobre 2017 à 18:44

L'entrée de l'usine Automotive d'Amiens
L'entrée de l'usine Automotive d'Amiens © Radio France - Claudia Calmel

La liquidation judiciaire a été prononcée vendredi par le tribunal de commerce. Une liquidation immédiate : les 57 salariés ne reprendront pas le travail lundi.

C'est la fin d'une ère quartier Renancourt à Amiens. L'usine Automotive va fermer : la liquidation judiciaire a été prononcée vendredi par le tribunal de commerce. Le projet de reprise partielle voulu par l'industriel abbevillois Nicolas Decayeux a échoué : Automotive ne dégageait pas suffisamment de chiffre d'affaire. Magneti-Marelli, le principal client et donneur d'ordre, n'a pas accordé de marchés supplémentaires à l’usine amiénoise. C'est donc l'épilogue de longs mois d'agonie pour l'entreprise qui fabriquait des cadrans pour l'industrie automobile.

Des salariés de plus de 50 ans

Cela faisait des mois que les salariés se préparaient à cette issue. Un cheminement long et usant pour Odile Vacossaint déléguée CFDT suppléante à Automotive et pour ses collègues : « Cela fait quelques mois que ça traîne. On a eu une période d’espoir avec Monsieur Decayeux qui nous a donné un peu d’oxygène. Mais aujourd’hui, on est anéantis. Il n’y a quasiment que des femmes qui travaillent ici. Et l’écrasante majorité a plus de 50 ans. Il va tout falloir redémarrer à zéro. »

Odile Vacossaint, déléguée CFDT suppléante à Automotive - Radio France
Odile Vacossaint, déléguée CFDT suppléante à Automotive © Radio France - Claudia Calmel

Les salariés d'Automotive partiront sans indemnités supra-légales : l'entreprise a trop de dettes : «L’entreprise n’a plus d’argent. On s’en va juste avec nos primes légales. Pour 35 ans d’ancienneté, ça doit tourner autour de 25.000 euros. Mais vu le profil des employés, j’ai peur que beaucoup d’entre-nous aient du mal à retrouver un emploi. Ça risque d’être catastrophique. »

"Aucun respect de l'être humain"

Les salariés d'Automotive tiennent à témoigner leur reconnaissance à Nicolas Decayeux, mais pointent du doigt le comportement des leurs anciens dirigeants : « Ils nous ont lâchés. Ils n’ont eu aucune considération pour nous. Ils ne s’occupent pas des dégâts qu’ils ont fait derrière eux. Il n’y a aucun respect de l’être humain. Aucun. »

Une partie des salariés d'Automotive prévoit de lancer une action en justice contre Magneti-Marelli, l'ancien propriétaire devenu le principal client après la vente de l'entreprise. Le déménagement et la vente aux enchères des machines sont prévus pour les semaines qui viennent. Le site sera vidé d'ici la fin de l'année.