Économie – Social

L'Yonne n'attire plus les acheteurs de résidences secondaires

Par Delphine Martin, France Bleu Auxerre mardi 1 juillet 2014 à 17:00

En Puisaye, les étrangers ne viennent plus et les Parisiens hésitent.
En Puisaye, les étrangers ne viennent plus et les Parisiens hésitent. © Radio France - Delphine Martin

Le département n'est plus le jardin préféré des Parisiens, Anglais ou Hollandais. Dans l'Yonne, comme dans d'autres secteurs ruraux comme la Corrèze ou le Cantal, le marché des résidences secondaires s'est effondré. Avec la crise, les étrangers ne viennent plus. Et les Parisiens ont d'autres priorités. Les prix sont en chute libre.

Le marché des résidences secondaire est tout simplement sinistré. Selon les professionnels, les prix ont baissé de 30% depuis 2009 , dans le département de l'Yonne. Sur certains types de bien, notamment les grandes maisons, ils se sont même effondrés de 50%. "Au-dessus de 200.000 euros, ça ne part pas" , explique Isabelle Gillot, de l'Agence du Pays à Charny.

Le reportage en Puisaye de Delphine Martin

L'effet conjugué de la crise et de la mode

*** Les citadins, principalement parisiens, viennent encore en Puisaye, "à une heure et demie de Paris, on est encore à la bonne distance" , explique Isabelle Gillot. "Mais au niveau des budgets, ça n'a plus rien à voir. 100.000 euros, 150.000 grand maximum. Ce sont les prix pour une résidence secondaire aujourd'hui." Il y a aussi un certain désamour pour le concept. "C'est un engagement ! Alors que pour 400 euros, on peut passer une semaine au Maroc" explique son collègue de l'Agence du Pays, Eric Jublot.*

Reportage dans le Morvan, de Delphine Martin

Reportage dans le Morvan, de Delphine Martin.  **

Le Morvan à la peine

Dans le Morvan, plus loin de la capitale, on ne voit quasiment plus d'acheteurs Parisiens . Ils ont d'autres priorités. Martine Gérard, d'Activ'Immo à Avallon, le résume en quelques mots : "Acheter un logement à Paris, à titre principal, c'est cher. Faire le plein d'essence tous les week-ends pour venir à la campagne, c'est cher. Entretenir une maison de campagne, c'est cher. Donc économiquement, ce n'est sans doute pas exceptionnel d'avoir une résidence secondaire aujourd'hui." Quand aux étrangers, "ils sont partis avec la crise" expliquent les agents immobiliers. Dans l'Avallonnais, une maison qui s'achetait à 120.000 euros il y a cinq ans s'adjuge à moins de 90.000 euros aujourd'hui.

Les jeunes couples recherchent à s'installer

La bonne nouvelle, c'est que ces biens deviennent accessibles aux jeunes couples originaires de la région qui souhaitent accéder à la propriété. Mais les prix se négocient durement. "On voit des gens qui recherchent une maison, sans travaux, pour moins de 80.000 euros !" explique Thierry Gérard, agent immobilier à Avallon.

"On travaille plus sur un budget que sur un bien" Agnès Mocquery, agent immobilier à Saint-Florentin

Certaines maisons à vendre restent sur le marché très longtemps. - Radio France
Certaines maisons à vendre restent sur le marché très longtemps. © Radio France - Delphine Martin

"Le côté positif, c'est que des gens qui sont d'ici peuvent s'acheter une maison ici" Isabelle Gillot, agent immobilier à Avallo

Pour les acheteurs, c'est une aubaine. Pour les vendeurs, c'est parfois dramatique . Certains propriétaires, après de lourds travaux, n'arrivent pas à revendre leur bien au prix souhaité. Et ces maisons restent inoccupées pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Pour d'autres, obligés de vendre bien en-dessous de ce qu'ils avaient envisagé, il faut parfois prendre un emprunt supplémentaire pour solder le crédit.

Daniel Perrotte cherche à vendre une maison de famille à Voutenay-sur-Cure. "Une petite maison de deux chambres, où des travaux sommaires ont été faits il y a plusieurs années déjà." Mais les candidats sont rares. Le vendeur a donc fait un effort : il baisse son prix de 66.000 euros à 56.000 euros. Et espère convaincre un jeune couple.

"C'est désolant", Daniel Perrotte