Économie – Social

La baisse du budget des collectivités pèse aussi sur les stations de ski

Par Typhaine Morin, France Bleu Isère, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu mercredi 5 octobre 2016 à 17:54

La Savoie est le seul département à avoir vu sa fréquentation augmenter en 2015-2016
La Savoie est le seul département à avoir vu sa fréquentation augmenter en 2015-2016 © Maxppp -

Avec 52 millions de journées-skieurs, la France reste le premier domaine skiable d'Europe. Mais cède la première place mondiale aux Etats-Unis. Pour se maintenir sur le podium, les domaines skiables doivent investir, mais ils manquent de moyens, estime l'association des domaines skiables de France.

Les professionnels des stations de ski ont rendez-vous à Nantes pour le congrès des domaines skiables de France (DSF), qui se tient ces mercredi et jeudi 5 et 6 octobre. Si la France reste le pays leader en Europe pour la pratique du ski, elle pourrait se faire dépasser par l'Autriche, qui se classe au 2e rang en Europe. En cause : un manque de moyens et une réglementation trop lourde. La réglementation est discutée ces jours-ci par les parlementaires dans le cadre de la nouvelle version de la loi Montagne. Le manque de moyens quant à lui, inquiète durablement les professionnels du secteur.

"J'ai une préoccupation aujourd'hui concernant nos opérateurs publics, explique Pierre Lestas, président de l'association des domaines skiables de France. Ils représentent 40% de nos adhérents. Or, les budgets des collectivités baissent de façon importante, et malheureusement, cela aura des conséquences sur les capacités de ces domaines skiables 'publics' à renouveler leurs infrastructures."

300 millions d'euros d'investissements, 500 millions en Autriche

A l'Alpe d'Huez par exemple, le budget de la commune "va diminuer de l'ordre de 1 million d'euros", poursuit Pierre Lestas. "Or cette commune, comme toutes les communes support de stations sont confrontées à des charges fixes importantes en terme de déneigement, de navettes, de parkings, et ne pourront pas investir." Cette année, sur tout le territoire montagneux français, l'investissement sera de l'ordre de 300 millions d'euros, "alors que les Autrichiens investissent à hauteur de 500 millions d'euros, pour un parc plus limité que le nôtre, les Etats-Unis aussi investissent aussi 500 millions d'euros." Pour le président de DSF, le décalage est important, et cet "écart de compétitivité" l'inquiète.

Pour faire vivre l'économie du ski, la neige de culture est essentielle, estime DSF - Maxppp
Pour faire vivre l'économie du ski, la neige de culture est essentielle, estime DSF © Maxppp -

Sécuriser l'enneigement avec la neige de culture

Du côté de la fréquentation des stations, elle a été en baisse lors de la saison 2015-2016. Seules la Savoie et la Haute-Savoie ont tiré leur épingle du jeu. Ce sont les seuls départements à avoir eu plus de skieurs par rapport à l'hiver précédent : +1% pour la Savoie, +0,1% pour la Haute-Savoie. Les massifs isérois ont eux connu une baisse de 7% des skieurs par rapport à 2014-2015.

Avec les enjeux climatiques, des hivers plus doux ou un enneigement plus tardif, la diversification des activités serait-elle une solution pour enrayer ces baisses d'investissement ? "Le tout ski c'est fini, mais sans le ski tout est fini, répond Pierre Lestas. Je conçois qu'il faille diversifier, mais on ne remplacera pas l'économie du ski, ça n'est pas pensable. D'où l'importance dans un premier temps sécuriser notre enneigement." Et la neige de culture est là pour ça, estime Pierre Lestas.

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